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Textes en liberté !



Queer, pas Queer...

Ce blog est un receuil de quelques unes de mes nouvelles abordant des thématiques LGBTIQ 
Au travers de la fiction, je traite différents sujets auxquels on peut parfois être confronté dans nos vies.

J'écris simplement avec mes tripes, me basant parfois sur du vécu, ou, à d'autres moments, en me mettant dans la peau de personnages.Certains textes sont engagés, d'autres le sont moins. Tout peut être sérieux, comme il peut y avoir de la dérision.

Attention, certains écrits aussi n'ont jamais dépassé le stade du brouillon, mais j'ai plaisir à partager mon imaginaire avec les lecteurs.

Ce blog fêtera ses 4 ans en septembre. Deux nouvelles présentées ici "Un autre Sexe" et "Bareback Orange" ont été tranformées en court-métrage. Le titre "Nuit d'Ivresse" sera lui aussi adapté à l'écran lorsque j'aurais terminé la rédaction d'un projet de plus grande ampleur qui me tient à coeur depuis longtemps.

Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires, car il n'est pas désagréable d'avoir un retour sur son travail.

Depuis le début de "Ceinture de Queers" vous avez été 35.200 à vous connecter. Merci à tous les lecteurs.

Depuis un an maintenant, je suis aussi l'Auteur et Chanteur du groupe "
Mauvais-Genre!". 

Parfois aussi, il m'est arrivé aussi, lorsque j'étais plus engagé sur des thématiques Queers, de publier des articles sur le journal de l'en Dehors, et de septembre à juin, je rédige régulièrement quelques articles pour mon blog personnel "What's on my Minds".


Bonne lecture,
Thomas Le Bihan

Samedi 3 octobre 2009
 

Décembre 2002, un dimanche en fin d'après midi.


Clément est prêt pour aller donner une représentation de son spectacle au théâtre Fontaine. Mathis se sent seul et aurait voulu continuer à s'étreindre avec son amant dans son lit, mais il doit songer à rentrer bucher pour les partiels sans être vraiment motivé. Pourtant, il le faut bien, c'est la dernière ligne droite du semestre qu'il ne peut pas rater à nouveau. Clément lui propose de rester là pour réviser, mais le jeune androgyne n'en a pas envie. Dans quelques semaines, leur idylle touchera à sa fin puisque le comédien rentrera à Québec, sa ville d'origine pour lancer un nouveau spectacle. Cette perspective rend triste et mélancolique « la Crevette », doux surnom que Clément a donné à son amant en raison de son corps frêle et épilé intégralement. Mathis s'habille en vitesse à son tour, enfile son patte d'ef, sa chemise en tissus froissé, passe son collier sert-coup. De l'autre coté de la porte de la salle de bain, Clément s'impatiente : « Je vais être en retard, dépêche toi si tu ne veux pas rester ici ». « J'arrive » rétorque Mathis, en appliquant un dernier trait de crayon sous ses yeux, et en arrangeant sa coiffure spéciale, d'un coté mi-longue, de l'autre, très courte, avec une grande mèche tombante au niveau de ses lèvres charnues.


Crevette accompagne Clément au Théâtre comme pratiquement chaque dimanche depuis 3 mois déjà. Le comédien lui demande s'il veut assister à la représentation mais le jeune homme décline l'invitation. Il a déjà vu le spectacle une dizaine de fois et pourrait être un souffleur tant il connait les répliques de la troupe. « Il faut que j'aille réviser, appelles moi quand vous aurez terminés de diner, j'ai envie d'être dans tes bras cette nuit ». Clément serre fort Mathis dans ses bras, l'embrasse. « Bonne chance » lui lance Crevette. Clément fronce les sourcils. Il a beau le lui répéter à chaque fois, les règles élémentaires du théâtre sont de ne jamais dire « Bonne Chance », ne pas prononcer le mot « Corde » et ne jamais porter de vert sur scène. « Ce n'est pas grave » lui lance une dernière fois Clément en l'embrassant sur les lèvres.


Une fois séparés, Mathis réalise qu'il n'a pas envie de réviser. Il l'a fait toute la semaine, et c'est la deuxième année qu'il suit les cours du premier semestre. Il n'y a pas de raison qu'il continue à se planter davantage aux examens. Il sait comment fonctionne l'université, et a apprit à ne plus tomber dans les vices du systèmes étudiant. Une légère brise glaciale lui caresse le visage. Il a besoin de marcher. Les talons de ses bottines pointues claquent sur le trottoir quasi-désert de la rue Fontaine. Il avance sans vraiment savoir où il va. Juste se sentir exister dans la froideur de l'hiver. La séparation prochaine lui mine le moral. Instinctivement, il commence à remonter le boulevard de Clichy, s'arrête devant les vitrines des sex-shops où il observe avec des yeux d'enfant rêveur les escarpins et les cuissardes, la lingerie et autres objets sexuels. Il aimerait beaucoup pouvoir se travestir et monter un numéro comme le font les créatures du Folies Pigale. Ces performeuses ont tant de présence que si Mathis était moins timide et plus friqué, il claquerait ses bourses dans ce genre de tenues affriolantes. Le vent souffle de plus en plus fort. Il resserre sa grosse écharpe de laine noire et ferme sa redingote cintrée. Il continue d'avancer sur le trottoir, s'arrête devant chaque vitrine qu'il connait par cœur comme s'il cherchait sans cesse un nouvel accessoire ou une nouvelle paire de chaussures qu'il n'aurait pas encore admiré puis entre au Sexodrome. Au début, il avait du mal à passer la porte de ce genre d'endroit, mais depuis qu'il fréquentait Pigale, il avait apprit peu à peu à se déshiniber, et à concevoir les boutiques de sexe comme des magasins ordinaires. Ils faisaient partis du patrimoine du quartier, et intérieurement, le petit breton se réjouit de pouvoir arpenter ce quartier à la réputation sulfureuse et mondiale au quotidien. Un furtif coup d'œil aux cassettes vidéos soldées et aux DVD estampillées nouveautés du rayon gay. Même s'il n'est pas un gros consommateur de films pornos, il aime découvrir ce qui se fait dans le X. S'il a une préférence pour les pornos hétéros et l'accent mis sur le plaisir ressenti par les actrices ou les gros plans de bites entrant dans leurs chattes, c'est sur les jaquettes des films gays que son imaginaire trouve le plus de stimulation. Après avoir déambulé dans les différents rayons, touchés les différents godes et autres sextoys, il se dirige vers la caisse, achète un flacon de jungle juice. Chez Clément, la bouteille est pratiquement vide. Il veut profiter des derniers instants qu'ils passeront ensemble pour se faire baiser comme une chienne, pour ne pas oublier cette passion aussi intense qu'improbable entre un jeune homme androgyne et un bear.


A nouveau dans la rue, le froid pénétrant le rappelle à sa solitude et à sa mélancolie. Il n'a toujours pas envie de rentrer chez lui pour réviser. Les murs blancs de sa chambre de bonne suintent la solitude. Il veut voir du monde. Il se résout à téléphoner à Ludo, son meilleur ami de clubbing qu'il n'a pas vu depuis qu'il s'est lancé dans cette idylle avec Clément. Il veut le voir, et recommencer à sortir ensemble, mais l'ami l'envoi balader. Il a trop prit de produits la veille et a fini comme chaque dimanche à la « Follow Me » ; il se tape une mauvaise descente et n'a envie de voir personne. En dehors de Ludo et des gens qu'il avait croisé en club, Mathis n'est pas quelqu'un de très sociable, à l'exception des moments ou il s'en met plein les narines. Ses copines de fac ne sont finalement que des bouches trous entre les cours pour lesquelles il joue le rôle du pédé de service. « Un peu triste comme existence » se dit-il tout en sentant son estomac gargouiller. Il traverse le terre plein central pour se rendre chez le grec de l'autre coté. En attendant sa crêpe jambon fromage, il est interpellé par des lascars dans une clio coincée dans les embouteillages. « Hé Mad'moiselle, tu fais quoi ? ». Instinctivement, Crevette se tourne vers eux. « Oh putain, c'est un mec ! ». Mathis soupire, attrape la crêpe que lui tend le vendeur et la dévore tout en avançant doucement sur le boulevard de Clichy.


Les minutes passent et le besoin de se réchauffer se fait sentir, comme l'envie d'entrer dans un lieu ou la vie grouille. Il pousse la porte d'un pub irlandais, s'assoit au comptoir et croise ses longues jambes, lance sa tête pour dégager la longue mèche qui lui obstrue la vue et allume une cigarette. Il ne prête pas attention à grand chose autours de lui. Ses pensées flirtent avec le vague lorsque son voisin de comptoir commence à lui adresser la parole. C'était un rebeu d'une quarantaine d'années, plutôt trapu, avec de gros bras virils et un petit ventre rebondit sous sa chemise de bûcheron. Ils parlent de choses et d'autres, sans grand intérêt, mais au moins, Mathis ne voit plus le temps passer. L'homme lui offre deux autres verres, et au fil du temps, commence à le peloter puis à lui lécher l'oreille avant de lui murmurer « Tu veux que je t'emmène à mon hôtel ? ». Crevette, acquiesce et lui roule une pelle. L'alcool commence à lui tourner la tête ; l'idée de se faire baiser pour oublier sa solitude naissante lui semble une bonne alternative. Ils boivent leur verre cul-sec et s'échappent dans une petite rue parallèle de Pigale.


Une fois la porte de la chambre franchie, Mathis, complètement échaudé par son amant providentiel prend les initiatives. Il lui retire sa veste de cuir, dégrafe un à un les boutons de sa chemise, lui lèche les tétons de son torse poilu. Sa peau a le goût suave des hommes du sud, ça l'excite. De la main, il caresse la braguette pour faire gonfler le sexe de son amant, puis, lorsque celui ci est trop à l'étroit, Mathis le libère de sa prison de toile et l'engouffre dans sa bouche, l'avalant goulument avec des vas et viens tantôt rapides, tantôt lents, jouant avec le piercing de sa langue sur le frein... « T'es bonne toi ! » lui lança Mourad. « Viens, je vais te baiser ». Le rebeu attrape l'androgyne par les cheveux et porte sa bouche contre la sienne, puis l'embrasse dans le coup, lui arrache sa chemise d'un geste sec et viril avant de le jeter sur le lit. D'un geste sec, il lui retire ses bottines et ses chaussettes et lui suçote les orteils. Pendant que Mathis sniffe un peu de poppers pour stimuler davantage son désir, Mourad fait glisser son pantalon. D'un coup, il tire le jeune homme à lui, après avoir craché dans ses mains pour lubrifier sa bite qu'il frotte contre le string de Crevette, dont les jambes fines et galbées lui serrent le coup. « Tu veux que je te défonce la chatte ? » lance Mourad. Mathis répond par un Hummmmmm suppliant. Mourad lui enlève son string et se relève effrayé : « Mais c'est quoi ce truc là ? » en montrant du doigt la bite de Mathis. Apparemment, Mourad s'est laissé piégé par l'androgynie du jeune homme et se rhabille à toute vitesse. Mathis a peur d'une réaction violente de la part de son amant et renfile ses vêtements à son tour. « Je croyais que t'étais une femme ». Crevette se retient de sourire tant la situation est grotesque. Il sait qu'il joue sur son coté ambiguë et intersexe, mais jamais il ne pense avoir trompé qui que ce soit sur la marchandise. Dans l'ascenceur, les deux hommes restent silencieux jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la rue. Mourad s'excuse. Il semble confus, car à la réflexion, il aurait peut être pu sentir la situation arriver lorsqu'il avait peloté le torse de Mathis. « J'aurais du voir que t'avais pas de seins ». Le jeune homme se met à sourire. Mourad aussi, puis ils éclatent de rire de bon cœur. Ils se quittent sur le trottoir après que Mathis eut indiqué à Mourad un bar à hôtesses. Cette soirée restera inoubliable pour l'un comme pour l'autre !

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Mardi 10 mars 2009

 

Je n'ai pas entendu le réveil ce matin, et j'en suis frustré, parce que ce qu'en allant te coucher hier soir, tu m'as dit « Je t'aime ». C'est un mot que tu n'avais pas prononcé depuis longtemps. On ne sait plus pourquoi, mais en ce moment, on ne se le dit pas assez. On passe du temps ensemble, mais ce n'est plus la lune de miel. On se croise sans s'éviter, et lorsque nous discutons, c'est pour parler de la peinture de la salle à manger qui s'écaille, de la table du salon qui nous insupporte, du frigo qui ne va pas tarder à lâcher, des sorties de la chienne et de notre compte en banque dont le gouffre est sans fin.


Ce matin, tu me manques et je suis triste, parce que j'aurai voulu voir ton sourire pour illuminer ma journée. Là, c'est le vide ou presque. Pourtant, tout ce qui devait être là à cette heure ci est bien présent. Le chien à sortir, le lit à refaire dans lequel il ne se passe plus rien. Ouvrir le courrier qui n'apporte rien d'autre que des factures ou des invitations à des évènements que nous n'aurions jamais manqué auparavant.... J'ai le spleen de ce temps là, parce qu'on était heureux, parce qu'on n'avait pas besoin de se poser de question. J'avais juste besoin de te prendre dans mes bras et entendre ta voix pour atteindre les sommets de l'Olympe, parce qu'on était encore jeune, libre, sans contrainte et qu'on avait l'impression que le monde nous appartenait, qu'il en serait toujours ainsi.


Pendant que tu ramassais la pisse du chien, je dormais, encore. Je ne sais pas doser les somnifères. Je hais l'effet qu'ils ont sur mon comportement. Une demi-gelule est inefficace, une gelule entière m'assomme 3 heures plus tard me faisant sombrer dans des ténèbres comateux ou la réalité n'existe plus. Il n'y a pas de rêves dans cet univers. C'est noir et sans fin. Est-ce ça qu'on appelle le sommeil de plomb ?


J'ai encore les larmes aux yeux deux heures après avoir pris mon café, caliné les chats et la chienne. Cette journée ne me dit rien qui vaille. Je voudrais retourner dormir et me vautrer dans la honte, parce que ce que je ressens, c'est de la honte. J'ai honte de moi, parce que tu fais tout pour que je sois heureux, et qu'au final, j'ai l'impression de tout saboter.


Plus aucun de nos amis ne nous téléphone. Il y a bien longtemps que nous ne sommes plus invités qu'à des évènements commerciaux où la carte bancaire manque de hurler chaque fois que l'on a envie de se faire plaisir... Est-ce vraiment ce qui reste de notre histoire ? Nous poussons nous l'un et l'autre vers la déchéance où au contraire est-ce un mauvais passage ?


Aujourd'hui, je me sens vide, parce que je dois donner partout, parce que j'ai voulu tout donner, à toi, à mes rêves, à la famille qu'on a voulu fonder, à la vie.


Tu me téléphones parce que tu as senti que ça n'allait pas. J'ai aimé parlé discuter avec toi, même si, après avoir raccroché, je me suis mouché le nez dans le torchon de la cuisine parce que toi aussi, tu as conscience qu'un fossé se met entre nous, et que toi aussi, tu refuses de laisser s'installer cette distance. Je ne veux pas te perdre, car je ne suis rien sans toi. En ce moment, j'agis mal. La seule sortie qu'on s'est octroyé s'est terminée noyée dans l'alcool, avec le désir inconscient de tout saboter pour endosser à moi seul l'échec de ce qu'est notre relation. Toi, invariable, tu l'as compris, tu m'as pardonné, parce que tu sais ce que je ressens et que tu me connais mieux que personne depuis que j'ai choisi de toujours tout te confier. Pourtant, j'ai de plus en plus de mal à te dire ce qui se passe dans ma tête. Je voudrais trouver les mots, mais ils ne viennent pas, comme si, j'avais peur de toi. Je n'ai pas peur de toi, mais de te perdre, et cette effroyable idée se concrétise lorsque j'avance vers mon no man'land.


Je trépigne d'impatience. De te retrouver, de me réaliser, de faire en sorte que nos rêves marchent. Je suis la dernière housewive qui masque ses secret au monde entier et qui parfois voudrait se jeter sous le métro, ou qui regrette de ne pas l'avoir fait au zénith de notre histoire, pour que le rideau tombe sur un beau souvenir, mais ça aurait été égoiste. J'ai dit il y a peu de temps, froissant au passage pas mal de monde que tu n'étais pas l'amour de ma vie. Je ne le regrette pas, tu es bien plus que ça, parce qu'entre toi et moi, c'est pas uniquement de l'amour, tu es au centre de mon univers.


J'ai hâte de te retrouver. J'ai besoin de me lover dans tes bras. Je voudrais que tu sèches mes larmes... Je voudrais tant de choses, que peut-être j'en demande trop. Peut-être même que j'en exige trop à moi même... Peut-être, peut-être... Ce ne sont pas ces mots qui changeront le monde. Je voudrais juste qu'on retrouve la sérénité

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Mercredi 3 décembre 2008
 

Bouger, se sentir libre, inconnu et livré à l'inconnu dans une ville dont il ne savait que le nom. Il avait besoin de décompresser, loin du petit milieu de la nuit parisienne. On lui avait parlé d'une grosse soirée Gay à Cologne, où les plus grands Dj's européens s'affrontaient en ping-pong pour le plus grand plaisir des clubbers. Ça l'avait décidé à enfin bouger, voir d'autres têtes car ici, il n'y avait plus rien à découvrir. Les week-ends-ends se succédaient les uns les autres avec leurs agendas clubbings bondés, leurs trips, leurs plans-cul, si bien que le cercle de ses amis était étendu au maximum. De nouvelles têtes, de nouveaux trips, de nouveaux décors... C'est tout ce qui semblait nécessaire à Maxime. Il avait regardé l'agenda sur parisforgay.com et demandé à Sarah de l'accompagner, car malgré tout, il craignait, vu ce qu'il se mettait dans la tronche en sortie, de partir en vrille dans un pays dont il ne parlait pas la langue. Elle avait accepté, car elle aussi avait besoin de tailler la route, d'aller danser, et pour une fois se retrouver un peu seule avec celui qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer.


Maxime avait reçu les billets de train la veille de leur départ, et acheté les ecstas nécessaires. Ce n'était finalement qu'un aller-retour avec quelques heures de clubbing entre les deux. Il attendait à la gare du nord l'arrivée de Sarah et avait tenté de la joindre à plusieurs reprises durant la fin de l'après-midi mais sans succès. Elle lui avait envoyé un sms lui disant que tout était OK, mais elle était retombée dans un sommeil profond. On annonça le départ imminent du Thalys. Maxime dut se résoudre à monter dans le train sans elle. Finalement, il réalisa qu'elle s'était peut être trop éclatée la veille et qu'elle était incapable de se lever. Ce n'était pas la première fois, et ça le faisait chier. Sans cette copine bienveillante, il n'était pas à l'aise, nul part. Il ne pouvait pas la laisser vivre ; les filles à pédés sont vitales à certains mecs qui refusent de les laisser être heureuses de leur coté.


La voiture était déserte. Qui partait aussi loin à 21h30 en plein mois de janvier ? Personne, excepté un autre clubbeur parisien usé par trop de monotonie française. David était aussi surpris que Maxime de se croiser là, au wagon-bar, dés lors, ils firent le trajet ensemble. C'était l'occasion pour eux de discuter vraiment. Ils se croisaient habituellement, se faisaient la bise courtoise des clubbeurs, et passaient comme ça sans cesse l'un à coté de l'autre. Une bouteille de vin pour délier un peu les langues, et le trajet sembla beaucoup moins long. Lorsqu'ils arrivèrent à Cologne, il neigeait à gros flocons. David était déjà venu et connaissait le trajet pour aller au club. En à peine 10 minutes, ils étaient arrivé. Dehors, les gens faisaient la queue et étaient venus des 4 coins de l'Allemagne pour s'amuser. Ça promettait de belles rencontres et de beaux souvenirs. Contrairement à Paris, la foule avançait assez rapidement si bien qu'il failli presque se retrouver nez à nez avec le physio lorsqu'il goba son premier x. C'était un nokia. Il n'en avait pas trouvé depuis un long moment, et c'était ceux dont il préférait l'effet. La montée se faisait tout en douceur dans un premier temps, puis, la sensation de perchitude durait assez longtemps pour être appréciée. Le prix de l'entrée était raisonnable contrairement à ce qu'il avait l'habitude de payer, et les vestiaires étaient tenus par 10 personnes au moins. Il n'y avait pas besoin d'attendre et on le recevait avec le sourire. David fit visiter le lieu à Maxime qui n'en croyait pas ses yeux. Tout était immense, la foule géante dansait à perte de vue au moins 10 semi niveaux différents. Tout le monde semblait cool et s'éclater au son d'Armin Van Buren dans des looks que personne n'oserait à Paris. Les gens se lâchaient et transpiraient une énergie festive comme il en avait rarement vu. Maxime se demanda si son ecsta ne montait pas trop vite, car il se mit à suer fort, à kiffer les jeux de lumières et à danser en marchant. David lui prit la main et l'amena au bar. Vu l'effet de la montée, il était urgent d'aller se procurer de l'eau. Au bar, toutes les boissons n'excédaient pas 3 euros, si bien qu'au lieu de consommer de la flotte comme d'habitude, il commanda une vodka tonic. David lui demanda si c'était raisonnable, mais Maxime s'en foutait. Il avait l'habitude de mélanger alcools et bonbons, tout du moins, en début de soirée, donc il pourrait gérer. La visite continua. Il y avait 4 dance-floors dans des ailes différentes. Chacune avait son bon Dj, son ambiance, et son lot de beaux-mecs en plein orgasme musical. C'était le paradis avant la mort, le summum d'un peace and love emmené par des Maîtres de cérémonie plus géniaux les uns que les autres. David, montra à David les meilleurs coins de la boite ou il pourrait profiter au mieux du son, mais aussi les backrooms, les toilettes, les différents bars... Cette boite était mieux qu'une journée à Disneyland. C'était tout ce dont il avait besoin. Dommage que Sarah n'aie pas pu venir !


Deux heures plus tard, les deux garçons étaient complètement perchés. Le set de Tiesto battait son plein et chacun vivait un moment de plane des plus agréables. Tout était chouette ici, et même si on ne parlait pas la même langue, la convivialité se ressentait chez tous. Des conversations à peine entamée sur la musique qu'on s'échangeait des cigarettes, des gorgées d'alcools, des smacks... Tout était fun. Dés lors, David eut envie d'aller faire un tour en backrooms avec le couple de hollandais avec lesquels il bécotait depuis un moment. Maxime était si perché après son troisième X qu'il ne se rendait plus compte de rien. Il scotchait sur le projecteur jaune qui l'illuminait comme une révélation divine. C'était chouette... Il reçu un coup de coude dans le dos comme ça arrive souvent dans les soirées bondées, mais au lieu de lancer son regard réprobateur à l'auteur de ce crime, il lui fit son plus beau sourire et lui roula une pelle. Sous les lumières, l'homme était un Dieu, celui qui le ferait kiffer toute la nuit. Gunter lui rendit son baiser tout en lui pressant le cul avec sa grosse main ferme et virile, ce qui fit naitre une érection dans le boxer de Maxime. C'était magique ce moment. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas branché quelqu'un en club de la sorte. Il se sentit midinette et enjoué. Ils dansaient corps à corps, enlacé, transpirant en se pourléchant le visage, le torse et les aisselles. L'autre sortit une bouteille d'eau de la poche arrière de son jean. « Du Möcte der GHB? ».

Maxime réalisa qu'il était en Allemagne et qu'à part « GHB », il n'avait rien compris d'autre. Il prit la bouteille et en avala la moitié. Il crevait de soif, et ce qu'il avait senti à l'intérieur n'était qu'une dose minime. De toute façon, avec les trois ectsas qu'il avait déjà gobé, il lui en faudrait bien plus pour faire un G-hole. Les deux garçons finirent par discuter un peu en anglais avant de se rouler à nouveau des pelles et se peloter pendant que le Dj changeait jusqu'à ce que ça devienne moins bien.

Ils étaient tous les deux chauds et bien perchés, Maxime avait envie de Gunter, tout de suite, sans attendre. Il sortit la bite de Gunter de sa prison de toile qui commença à grossir entre ses doigts, mais l'allemand n'avait pas envie de baiser comme ça ici. Il voulait se faire un plan mémorable avec le frenchi, dés lors, mieux valait aller à la maison où tout un tas de gourmandises qui assureraient leurs performances les attendraient.


A peine la porte de l'appartement de Gunter franchie que Maxime lui saisi la bite et l'aspira goulument dans sa bouche de chienne en manque. Il le voulait, tout entier coulant dans sa gorge gourmande. « I want your sperm, I want your Sperm! ». Gunter lui attrapa les cheveux, le releva et le poussa vers le canapé. Il le laissa sur sa faim deux minutes et prépara deux verres de jus d'orange chargé en GHB. Ça allait être chaud et vicieux ! Maxime adorait ça. Il trinquèrent puis se sautèrent littéralement dessus. C'était intensément bon et jouissif. C'était, c'était, c'était... Maxime s'endormit pendant que Gunter lui remplissait le cul pour la deuxième fois puis l'allemand sombra lui aussi à son tour.


Lorsque Gunter se réveilla, il sentait encore les vapeurs de la veille lui envahir le corps. Il était frustré de ne pas avoir pu baiser plus que ça. Son regard se figea sur la table et réalisa qu'ils avaient bu au moins 15ml de GHB. C'était une dose de cheval. Il tourna la tête et réalisa que l'autre n'était plus là. Il se leva, abasourdi et se dirigea vers la salle de bain. Il faisait presque nuit dans l'appartement et se prit les pieds dans quelque chose qui n'aurait pas du trainer dans le couloir : Maxime. « Scheiße » hurla l'allemand. Il se baissa, tâta le pouls du frenchi. Aucune réaction. Il le retourna, tenta un massage cardiaque et le bouche à bouche ; il était déjà bien trop tard, le corps de Maxime était raide et froid. Guniter tomba et s'assit un long moment dans le couloir à contempler le corps du jeune homme dont il ne connaissait pas le prénom puis se remémora qu'à un moment, il avait entendu Maxime sortir du lit tant bien que mal qui essayait de se rendre à la salle de bain et était tombé dans un bruit sourd atroce. D'un coup, il fût saisi par la peur et les remords. Il aurait pu tenter de le sauver en appelant les secours. Une sonnerie inhabituelle retentit dans l'appartement. C'était le téléphone de Maxime. Sarah tentait de le joindre sans succès et relançait ses appels à fréquence régulière. Elle voulait savoir si Maxime s'était bien éclaté et souhaitait s'excuser car depuis 2 jours, elle était allongée avec Guillaume, un de ses collègues de bureau qui l'avait envoyé au 7ème ciel. Elle était loin de se douter que son dernier appel, directement rejeté serait la dernière preuve de vie de son premier amour. Gunter prit le téléphone, retira la puce et la jeta dans les toilettes. Il ne savait pas quoi faire. S'il prévenait la police, on l'arrêterait. Il ne voulait pas passer plusieurs années en prison pour avoir prit son pied avec un drogué. Il devait se sortir de cette situation. Il se leva, traina le corps de Maxime dans la salle de bain et commença à le découper au hachoir. Le jeune homme avait été sportif si bien que l'instrument tranchant avait du mal à détruire les chairs. Le sang giclait partout. Gunter se répugnait de ce qu'il était en train de faire, si bien qu'il finit par vomir sur le cadavre du frenchi, haché en petits morceaux dans la baignoire. D'un coup, les nerfs lâchèrent. Gunter se répandit en larme, se donnant des coups de poing sur la tête, assis contre le lavabo. C'était affreux. Il était devenu le boucher du garçon qu'il avait baisé frénétiquement quelques heures plus tôt. Toute la honte du monde lui tombait sur les épaules. Il partit dans un délire paranoïaque et ne percevait plus la réalité.


Il était 21heures lorsque Friedrich rentra de son week-end partouze dans un garage d'Hamburg avec une quarantaine de mecs venus des 4 coins de l'Allemagne. Il avait pris un pied d'enfer et pensait partager ses souvenirs avec son mec, assis tranquillement dans le canapé en fumant un spliff pour tuer le week-end en douceur. Ce n'était pas comme ça que l'histoire allait se terminer... Lorsqu'il vit Gunter maculé de sang, dans un état de démence avancé auprès de ce qui avait du être un homme, il prit peur et recula. Il n'en revenait pas de cette vision d'horreur et ne savait plus ce qu'il avait à faire. Des idées plus macabres les unes que les autres défilaient dans sa tête. Comment l'homme qu'il aimait depuis 15ans aurait pu se transformer en monstre de violence le temps d'une escapade ? Ça le pétrifiait. Il ne savait plus quoi faire, et pensa que la seule chose à faire pour sa survie était d'appeler la police. Il renonça à cette idée lorsqu'il découvrit la fiole de GHB vide sur la table basse du salon. Gunter, qui avait repris ses esprit arriva sans un bruit derrière lui. Friedrich sursauta et resta paralysé face à son mec dont le regard anéanti faisait peur.

«  Oh mon cœur, je t'aime, je t'aime, aide moi, je n'ai rien fait, je t'en supplie, c'est pas moi ».

Friedrich comprit la situation et prit Gunter dans ses bras, le couvrit de baisers. « T'inquiètes pas, on va s'en sortir, je vais t'aider ». Friedrich prit le hachoir et termina de découper l'inconnu pendant que Gunter emballait les morceaux dans des sacs à congélation. Dés que le découpage fût terminé, ils mirent l'ensemble des sacs dans une grande valise, sans un mot, et prirent une douche ensemble où ils se lavèrent l'un et l'autre. Ils nettoyèrent l'appartement et attendirent qu'il soit tard dans la nuit pour aller disperser les lambeaux de Maxime dans l'Elbe.

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Jeudi 11 septembre 2008



Comme tous les pédés fétichistes, Tom avait eu sa période TN, ou il collectionnait les paires, car, c’était l’objet fashion de tous les yag, mais aussi parce qu’il aimait se prendre pour un scarla, alors qu’il vivait dans un studio du Xième arrondissement. Il les avait toutes usées en marchant, mais aussi dans ses plans culs les plus chauds avec d’autres lascars de pacotille version new-skinhead rainbow comme avaient pu l’être ses pairs à l’époque de Francky Goes to Hollywood. Et maintenant, il n’en avait plus qu’une vieille paires grises, devenues trop inconfortables pour être portées qu’il conservait de l’époque ou il s’en payait à tours de bras. Les temps avaient bien changé. La pub l’avait consommé comme tant d’autres, et même s’il avait été un requin comme ses baskets l’indiquait, il n’avait plus rien de cela. Parfois, la nostalgie le prenait. Dés lors, il ouvrait son meuble à chaussures et humait ses skets destroys en souvenir du bon vieux temps. Tout avait changé. Il se souvenait de parties de cul frénétiques de dog-trempling au TX, ou il aimait dompter des lopes en leur écrasant la tronche à coup de pompes de sport… Parfois, il avait joué les hyper-masters, en détruisant les TN de ceux qui étaient moins dominateurs que lui, par pure plaisir, comme si la basket représentait la virilité de l’homme… Et tout ça commençait à lui manquer. Il se sentait diminué si bien que sa libido en avait pris un coup. Donner ou recevoir un coup de bite classique, ça n’avait rien de fun. Il lui manquait le coté requin. Il n’était plus tout jeune. Il devait faire le deuil de ce qu’il n’était plus : jeune, beau, rotor. C’était bien loin tout ça. Il se contentait à présent, quand le Rmi le lui permettait, de s’acheter des skets de marques dégriffées et démodées aux puces de Montreuil. A force de dominer le monde, les dictateurs sont toujours renversés. Deux ans déjà que la banque lui avait repris chéquiers et cartes bleues, deux ans qu’il ne ne se payait plus l’objet de ses fantasmes.

 


Au début de sa période de chômage, bien avant qu’il ne sombre dans la dépression, il avait regardé sur e-bay comme tant d’autre, afin de se procurer le modèle qui manquait à sa collection. Or, comme tout fashion-addict expert, il avait appris à distinguer les vraies TN des contrefaçons et s’était fait une raison : il n’avait plus les moyens et l’occasion ne se représenterait certainement plus. Or, en vendant un de ces derniers costumes Hugo Boss bling-bling de cadre moyen, la curiosité lui vint de regarder à nouveau les articles nike. Il fût agréablement surpris de trouver aux enchères le modèle burberry rose en bon état à 24 euros. Dés lors, il se lança à nouveau dans le jeu des gagnants. Il désirait cette paire plus que tout au monde ; le reste devenant superficiel. Il avait renchérit de 3 euros, et se mit à consulter sa boite mail régulièrement malgré ses difficultés de connexions dues au Wi-Fi défaillant de son vieil ordinateur portable. L’adrénaline montait au fur et à mesure du temps qui défilait. Il ne restait plus que 5heures et 27 minutes lorsqu’un autre se mit à renchérir, faisant passer l’objet de convoitises à 35 euros. Non, Tom ne pouvait pas laisser filer sa virilité bradée comme ça. Il devait se battre, jusqu’au bout, ce n’était pas possible autrement. Ses TN burberry, il ne les avait jamais eu, il les voulait plus que tout. Il augmenta son offre, euros après euros, si bien qu’il ne quittait pas son écran des yeux et actualisait la page régulièrement… L’autre enchérisseur jouait le jeu aussi de son coté, si bien qu’à quelques minutes de la finalisation de l’enchère, le prix de la paire de basket avait triplé ! Ce n’était pas grave, il lui fallait ces baskets. Il demanderait à ses parents de l’aider au besoin, mais son bien-être psychique passait avant tout par son 44 ! Mais l’autre acheteur potentiel ne se laissait pas abattre. Les prix montaient, toujours et encore. Tom n’en pouvait plus. Dés lors, il envoya un message via le site à son concurrent pour lui demander d’abandonner. Mais l’autre n’en eut que faire, il arracha la vente avec 20 euros d’avances. « Bordel de merde ! » s’écria Tom, dépité. Il lui fallait s’avouer vaincu. Il n’était plus le requin qu’il avait été jadis. Dés lors, il se connecta sur un chat en recherchant un master pour le dompter, se faire un tripes sneakers, et humer des chaussettes sales en souvenir du bon vieux temps.

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Lundi 8 octobre 2007
L'ecsta que l'on a prit doit être très puissant. On danse sur le podium Fred et moi, je le regarde attentivement, je n'en reviens pas ce qu'il est beau. Je me dis que j'ai trop de chance d'avoir un mec pareil pour moi. J'adore son visage carré et son corps de rugbyman, ses poils soyeux sur le torse... S'il n'y avait pas tous ces gens autours de nous, je lui taillerai une pipe, là, uniquement pour lui signifier mon amour. Je n'en peux plus, il fait très chaud. Je ne sais pas si c'est le trip ou la clim qui fonctionne mal, mais ca devient insupportable de danser. Nos corps dégoulinent de sueur, si bien que je me délecte de quelques gouttes qui suintent sur cet homme que je désire tant. "Il fait soif, tu viens au bar ?".

Difficile de traverser la piste, tant il y a de monde. Ceci dit, c'est normal, un aussi bon dj, et la seule boite à organiser une soirée valable dans le week-end, ça fait deux bonnes raisons pour que le lieu soit envahi de bogosses ! On arrive enfin au bar, on commande deux dark dogs puis nous allons nous asseoir dans le lounge. Au début, nous ne calculons personne, je focalise sur Fred, son corps, son cou que j'embrasse frénétiquement tout en lui touchant le paquet, jusqu'à ce que je vois un monstre envahir le lieu ! "Beurk, je n'ai jamais rien vu d'aussi laid !". Un pauvre garçon d'a peine 20 ans, d'une massivité cubique... La machine à médisance se met en marche. Plus je le regarde, et plus de mauvaises critiques me viennent en tête. J'éclate de rire ! Fred ne comprend pas ce qui me prend, alors je vide mon sac au sujet de celui que je méprise tant : "Regarde ce monstre ! Ce n'est pas permis d'être aussi répugnant ! Ils s'y sont mis à combien pour le faire ? Car franchement, un chef d'oeuvre pareil relève d'un travail d'équipe !". Fred rit aux éclats et me suit dans mon délire, renchérit de plus belle. Pendant que nous jouons aux mégères de service, Elephantman disparait. "Non, ce n'est pas possible, il essaie de danser ! Allez viens, on va lui donner un cours de stretching !"

Nous nous frayons un passage afin de nous positionner juste à coté de lui. Connivence oblige entre mon mec et moi, nous nous lançons dans une chorégraphie sensuelle. Ca marche. L'autre nous regarde bavant comme un veau. On en rajoute une couche, et hop, on se plotte, pour bien attirer son attention... Mais ce n'est pas suffisant. Je chuchotte mes intentions à l'oreille de mon cavalier, puis nous incluons l'être immonde à notre chorégraphie. D'abord en douceur. Je l'attrape par la main, Fred en fait de même, et nous dansons sagement tous les trois un moment avant de le placer entre nous et de le prendre en sandwich. Son cul est si flasque, si énorme, que s'il ne portait pas de jean, j'aurai peur d'y perdre ma bite ! Le jeu m'amuse beaucoup, alors je le retourne pour ne pas trop l'imposer à Fred, je prends les mains de la chose, les pose sur mes pectauraux gonflés, mes abdos secs, avant de lui faire sentir ma grosse queue. Je suis sûr que ca l'excite un max ce gros dégueulasse. En tout cas, je mettrai ma main à couper, il n'a jamais touché de mecs aussi beaux que Fred et moi. Pas de chance le pauv' mec ! Alors, j'ai envie de pousser le vice un peu plus loin. Je tente de toucher sa tige au travers de son pantalon, mais je ne sens que de la graisse et un espèce de petit bâton qui cherche à sortir de sa prison de toile. Je me dis que ce pauvre mec n'a pas vraiment de chance. Il doit certainement se payer des gigolos pour avoir une vie sexuelle. D'ailleurs, pourquoi ne pas continuer à l'échauder et lui faire miroiter la plus belle nuit de sa vie. Je quitte le trio un instant, prétextant d'aller pisser, puis je glisse un mot à Fred avant de partir. "Je vais faire ma garce, prépare toi à te faire offrir du champagne ! C'est lui qui régale !"

Je gobe mon troisième X de la nuit, puis en repassant devant Fred et Mobidick, je leur fait signe de me rejoindre dans le lounge. Fred a bien compris mon manège. Ils me suivent doucement. On joue le vice, en continuant de le laisser nous toucher les muscles. Je regarde ses mains boudinées. D'un seul coup, la montée est trop violente, il faut que je gerbe. Je traverse à toute hâte le dancefloor, en bousculant les gens si nécessaires... Faut que j'y arrive, surtout ne pas gerber là... Ce sont des grands jets de biles qui tombent dans la cuvette des chiottes. Quels ecstas, il y avait longtemps que ca ne m'avait pas rendu malade ! Je me rince la bouche, bien décidé à mettre mon plan à execution avant de me décider à les rejoindre. J'éspère que Fred l'aura bien chauffé, car ce soir, j'ai bien envie de jouer avec cette horreur ! Mais je ne les retrouve pas dans le lounge... Je fais un tour sur la piste, je ne vois pas Fred. Par contre, je crois halluciner lorsque je vois notre gros porc, se faire rouler des pelles à profusion par un beau petit rebeu. On me pince le bras, je sursaute. Fred me ramène au lounge. Je n'en reviens pas de ce que je viens de voir. Il faut que je retourne gerber.

Plus tard, après avoir vidé mon estomac dans le ventre de Jacob Delafond, je tente de reprendre mes esprits, blottis contre les bras du beau Fred. Je me dis qu'à pratiquement 45 ans, on est quand même beaucoup mieux gaulés que ce monstre ne le saura jamais... Fred me fait comprendre que la plaisanterie a assez duré. J'acquiesse silencieusement. Il me dit, tu vois, ça ne sert à rien d'être mauvaise langue. Il s'est trouvé un beau pti mec. "Mouais, c'est ça ! Regarde les ! C'est un gigolo ce mec, honnêtement, qui voudrait se taper ça ?... "Ta gueule !". Fred ne m'a pas réadressé la parole de toute la nuit.
Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Mercredi 12 septembre 2007
seancepaque1.JPG J’étais un petit slip, à la coupe kangourou, à la fois classique et moderne, j’étais composé d’un tissus côtelé synthétique bleu ciel, d’une ceinture élastique blanche à la taille. Comme mes frères et sœurs, j’avais été conçu dans une petite usine de Taiwan, découpé, assemblé, et cousu par des machines orchestrées par de jeunes ouvrières sous-payées. J’étais le fruit de l’exploitation capitaliste des pays occidentaux. J’avais plusieurs centaines de frères jumeaux de part le monde, mais nous avions été séparés au fur et à mesure de notre réalisation, car nous étions des modèles standard. On nous a fait en série. J’étais le fils d’une styliste londonienne et de différentes étoffes. Je ne saurai dire combien de parents étaient à l’origine de ma conception, ça avait été une mêlée de groupe.
 

 

 
Après avoir été sélectionnés, avec quelques uns de mes jumeaux, et de mes frères de différentes tailles et coloris, nous voici avons été conditionnés dans de gros cartons. Nous voyagions en avion, vers on ne sait quelle destination. Nous ne le saurions qu’au moment de notre réception dans la réserve d’un supermarché de banlieue parisienne. On prit quelques-uns de mes frères. Les séparations étaient parfois violentes. Nous avions étés surpris de ne pas tous sortir de notre emballage en même temps, si bien que nous ne savions pas ce qui nous attendait une fois entre les mains de la personne qui nous saisissait. Nous connaissions juste notre but final : maintenir les couilles de ces messieurs.
 

 

C’était maintenant l’heure pour moi d’être saisi par la préparatrice de rayon. Elle me posa sur un roll, ajouta quelques uns de mes frères, mais pas les identiques. Elle choisit les plus grands, les plus colorés. Il fallait croire  qu’elle avait assez de bleus taille S sur son étalage. Elle nous promena un instant dans la réserve, puis elle nous recouvrit d’autres sous-vêtements. C’est là que nous rencontrâmes nos cousins : les boxers, les caleçons, les strings, et les tangas ! On est tous des mecs. On fit connaissance entre nous, mais déjà des disputes éclatèrent ! Les boxers se prenaient pour des stars en raison de leur supériorité numérique. Ils se vantaient d’être les modèles préférés des hommes, or, il semblait qu’il y ait plusieurs familles de boxers qui finalement se disputaient. Dim et Calvin Klein se battaient ; chacun d’eux voulait être le plus représentatif de la clientèle masculine. Il s’ensuivit plusieurs débats superficiels : les jeunes préfèreraient les boxers, les homos  les strings et les tangas qui partiront groupés, quant aux caleçons, certains commérages affirmaient qu’ils étaient has-been.
 

 

 
Nous fûmes rejoints dans le chariot par de drôles de sous-vêtements : les chaussettes. Leur rôle consistait à protéger les pieds des humains des agressions des chaussures qu’ils portent. Nous entrions alors tous dans un grand débat. Nous n’enviions pas le sort de certaines d’entre elles, car il paraissait que lorsque les gens transpiraient, cela pouvait parfois dégager une odeur assez forte. Je pensais que ce devait être dégoûtant en fin de journée, de se retrouver face à elle. Une dispute fit rage entre nous : elles n’enviaient pas notre sort non plus. Elles racontèrent que certains d’entre nous seraient maculés de gouttes de pisse, de foutre, et pour les moins chanceux d’entre nous, des traces de merde viendraient se coller sur notre pan arrière. Beurk ! J’aurais voulu qu’on me remette dans le carton, et qu’on me réexpédie à Taiwan !
 

 

 
Arrivés en rayon, on nous classa par famille. Les chaussettes descendirent en premier, j’espérais ne jamais les recroiser, puis ce fut le tour des strings et des tangas. Je fus l’un des dernier à descendre du chariot, me retrouvant ainsi placé en première ligne sur les allées du magasin. Je voyais passer des gens devant moi, des femmes, des hommes, des enfants. Plusieurs fois, on me prit en main, mais très vite, on me reposa, préférant un autre coloris, une autre taille ou un autre modèle. Puis, vint le moment du véritable départ. Une quinquagénaire me saisit, m’observa un moment, consulta mon étiquette, puis me jeta vulgairement dans son panier où s’entassaient quelques légumes, des boites de conserve, de la viande sanguinolente sous son emballage de cellophane qui tâcha les fruits sur lesquels  la ménagère l’avait posé. Beurk, pour rien au monde je n’aurais aimé être une banane ! On me sortit du sac une première fois, me posant sur un tapis roulant en caoutchouc qui puait la vieille vinasse et les légumes écrasés, avant d’être rejoint par mes compagnons de besace. Je les trouvais hostiles. Je me demanda ce que j’avais à voir avec eux… J’apprendrais plus tard que je serai certainement le dernier à les voir transiter, morts et décomposés, tombant par jets puissants ou par gros plouf dans la cuvette des toilettes. Si j’avais su ce qu’ils deviendraient, je leur aurais montré un peu plus de compassion. J’étais un petit slip, donc éternel car je n’étais pas comestible.
 
 
 
A peine arrivé au domicile de mon acquéreuse, elle me tendit à son fils, un grand gaillard de 17 ans. Il me regarda d’un air dégoûté, la remercia, puis me jeta au fond d’un tiroir, où attendaient d’autres sous-vêtements. La plupart étaient des boxers, de couleurs vives, auprès desquels j’essayais de me renseigner sur mon devenir. Je retrouvais les mêmes discussions superficielles que j’avais entendu au magasin. J’étais à la fois enthousiaste et pétrifié. On me parlait du rapport au corps de mon possesseur, de ma mission de protéger son intimité du froid ou des agressions extérieures comme le frottement avec le pantalon avec lequel je devrais flirter la plupart du temps. On me parlait aussi de l’érection, de la gouttelette de pisse, de la tâche de foutre post-branlette, ou de l’éventuel accident scatologique… Le temps passait, le tiroir s’ouvrait quotidiennement sans que mon propriétaire ne décide de m’affecter à la mission pour laquelle j’avais été conçu. Les boxers partaient les uns après les autres. Au début, je n’en avais  pas souffert, mais l’orgueil démesuré des fashions-boxers m’exaspérait. Ils adoraient raconter leur quotidien en se pavanant, vantant leurs exploits… et apparemment, il y en avait eu ! L’adolescent avait enfin perdu son pucelage, si bien que les boxers avaient rencontrés les strings en dentelles et s’étaient offerts des mêlées orgiaques, échangeant leurs expériences concernant les variantes de genres de nos propriétaires. Tout ce que je savais de la gente féminine est qu’elle n’avait pas de verge, mais à la place deux orifices. L’un d’entre eux servait à évacuer l’urine, et l’autre, lâchait mensuellement parfois par accident des coulées de sang qu’il était parfois très désagréable à supporter pour les culottes des demoiselles. J’appris alors qu’une culotte de femme a souvent alors des alliés supplémentaires tels la serviette hygiénique ou le tampon compact, mais pour rien au monde, je n’aurais souhaité être un modèle féminin, c’était trop contraignant… J’avais écouté pendant longtemps leurs vies fantastiques avant de sombrer dans la neurasthénie. Visiblement, chaque fois que mon propriétaire m’avait entre les mains, il éprouvait à mon égard un mépris total. De ce fait, les autres me charrièrent si bien qu’il n’y eut qu’au fond du tiroir que je pus me réfugier tranquillement, à l’abri des quolibets destructeurs de mes camarades. J’avais l’impression d’être en prison, je me demandais ce qu’étaient devenus mes frères de l’usine, ou mes cousins du rayon sous-vêtements. J’espérais qu’eux au moins menaient une existence palpitante, tandis que je croupissais là, ou je ne savais plus très bien ce que j’attendais.
 

 

 
Etrangement, le tiroir s’était progressivement vidé. Les boxers étaient partis les uns après les autres, et contrairement aux habitudes, ils ne semblaient pas être revenus après leurs passages en machine à laver. Même ça, je ne connaissais pas. C’était le seul moment où tous les vêtements se retrouvaient ensemble pour festoyer au rythme du tambour, puis lézarder au soleil avant de retourner à leurs existences respectives. J’avais entendu parler de tous les commérages possibles et imaginables au sujet de la vie textile des Girard… et paradoxalement, je ne connaissais personne. Or, à ce jour, la plupart des boxers n’était pas rentré. Cela faisait près de deux semaines que leurs disparitions progressives avaient commencé. L’angoisse régnait au sein du tiroir ;  les quelques rescapés s’imaginaient des scénarios catastrophes alors que quoiqu’il puisse arriver à l’extérieur, je m’en foutais. J’avais attendu mon heure de gloire pendant si longtemps qu’au bout du compte, elle n’avait plus aucune importance. On pouvait faire de moi ce qu’on voulait, après avoir pris perpétuité je n’attendais plus grand-chose de l’existence. Je m’attendais à être le dernier occupant du tiroir, et pourtant, c’est moi que mon propriétaire sortit. La lumière extérieure m’aveugla quelques secondes avant que je ne reprisse mes esprits. Il me tendait à un garçon de 20ans en disant : « tiens, je peux te filer celui là.  et puis, tu n’as qu’à le garder ». C’est alors que je découvris le visage de mon nouveau propriétaire, un jeune gothique avec une belle crête. On m’avait parlé des poils, et je me mis tout à coup à flipper. On racontait souvent qu’ils sentaient mauvais. Je craignais que son pubis ne soit garni de la même espèce. Je sortais d’une prison, j’espérais que ce n’était pas pour aller vivre en enfer. Je regardai autour de moi une dernière fois avant qu’il ne me mette dans son sac à dos ; l’étrange disparition des boxers devint alors limpide ! Personne ne les avait lavé. Ils étaient là, tachés de sueurs, allongés sur la moquette, au milieu des chaussettes malodorantes, des jeans boueux… J’imaginais ce qu’était leur enfer, et je relativisais la souffrance de mon passé d’exclu. Je n’aurais jamais supporté être humilié de la sorte, et je me mis à espérer que cela ne m’arriva jamais.
 

 

 
Je fus agréablement surpris d’être rapidement sorti du sac pour être conduit à la salle de bain, confortablement lové sur une serviette éponge, moelleuse et parfumée. Je me sentais un peu honteux et poussiéreux face à tant de douceur, mais mes camarades ne semblaient guère s’en soucier. Nous échangeâmes quelques politesses puis elles se mirent en condition pour leur mission. Je compris qu’elles devaient frictionner notre propriétaire de tout leur amour, pour qu’il se sente sec et propre. Lorsqu’il les saisit, je fus pris d’une crise d’angoisse. J’avais tant attendu le moment où je serai enfin porté… et maintenant, je le redoutais. J’avais 3ans, et j’étais vierge de tout ce qui devait faire ma vie. Il m’enfila par les pieds comme on me l’avait indiqué lors de mon arrivée au tiroir puis vint me coller contre son bassin. Je fis la connaissance de la verge. Je m’attendais à quelque chose de légèrement sale, avec laquelle je devais cohabiter quelques heures… Or, à ma grande surprise, celle-ci était une princesse des plus agréables à protéger. Je rêvassais au point où je pensais que mon rôle de garde du corps de ce nouveau propriétaire était finalement un destin qui avait valu la peine d’attendre. Le corps se mit en mouvement puis je fut recouvert à mon tour par le pantalon. Je ne sais pas combien de temps a duré ma première mission, mais il me semble qu’elle fut très courte. J’étais tellement fasciné par la verge que j’enveloppais, que je n’ai pas été affecté par le souffle, en théorie très désagréable, qui sortit à un moment de l’anus de mon propriétaire. Non, il ne me toucha pas, il me pénétra et me traversa sans que je ne souffre. Si tous les pets suivants pouvaient être les mêmes, alors j’apprécierais ma nouvelle vie. Cette sérénité fut pourtant bouleversée. Je sentis le corps de mon hôte vibrer. Sa bite grossit d’un seul coup, m’étranglant contre le pantalon, et comme ce n’était pas suffisant. Quelque chose de massif vint nous serrer davantage. Mon tissu frottait de part et d’autre ; le pantalon me brûlait, et de l’autre coté, la verge se mit à suinter un liquide limpide malodorant qui s’imprégna tant bien que mal dans mes fibres. J’entendis la boucle de la ceinture s’ouvrir, le pantalon glissa très vite, puis ce fut mon tour d’être libéré. On me jeta au sol. La lumière m’aveuglait encore. Je ne savais pas sur quoi j’étais tombé, tout ce que je comprenais, c’est que mon réceptacle était hostile à ma présence. « Dis donc le kangourou, c’est pas parce que nos proprios sont pédés qu’on doit les imiter ! Dégage, en plus, tu viens de Taiwan, je n’ai vraiment pas envie qu’on me voit avec toi ! ». J’ai eu beaucoup de chance, un orteil se coinça dans une de mes coutures et m’envoya voler quelques centimètres plus loin, sous le lit ou je suis resté longtemps.
 

 

 
J’ai vu la poussière s’entasser sur moi, des objets glisser sous le lit, puis des vêtements. Il ne se passait rien. J’avais l’impression que le destin des anciens habitants du tiroir me poursuivait. Je finirai donc là, pendant que le temps s’écoulerait, abandonné. Les semaines ont passé, l’air était devenu irrespirable lorsqu’un objet à large tête et aux longs poils poussiéreux vint nous délivrer. On entendit « Mais c’est une vraie porcherie cette chambre ! » puis une main de femme me saisit « Qu’est ce que c’est cette horreur ? ». Elle me jeta sur la table de nuit, passa l’aspirateur, puis revint me chercher pour me ranger dans un nouveau placard, avec les torchons et les produits domestiques. D’emblée, les autres textiles me charrièrent. « Et le nouveau, joue pas au snob, ici, on est tous logé à la même enseigne, alors te fais pas trop remarquer, ok ? » Je ne répondis pas, j’étais retourné au bagne, et contrairement aux boxers du tiroir, mes nouveaux camarades ne partageaient pas leurs expériences de vies. Je compris très vite qu’ici, c’est chacun pour soi, et que la sortie n’était jamais une délivrance mais une séance de torture. Lorsque la ménagère me sortit, elle s’empressa de m’arracher en deux. J’eu très mal, tant physiquement que moralement. Finalement, je ne serais plus jamais un slip, et par conséquent, plus aucune certitude. Comme si la torture qu’elle m’avait infligé ne suffisait pas, elle me gaza à grand coup de cire en bombe avant de m’écraser et de me frotter le long d’une commode en chêne. Le liquide  me brûlait tout en me pénétrant, la poussière venait obstruer mes pores, je suffoquais. La main se leva au dessus de la commode que je venais de dépoussiérer. « Ce torchon est d’une mauvaise qualité, il ne nettoie rien. ». On sortit dans le jardin, et là, on me jeta sur le barbecue embrasé. Je disparus très vite dans les flammes. Finalement, j’aurais préféré être un boxer Dolce Gabbana chez un riche propriétaire hétéro, on m’aurait aspergé de champagne, j’aurai flirté avec des strings, et peut être même avec un peu de chance, j’aurais défilé sur les podiums, j’aurais été mitraillé par les flashs des appareils photos… Au lieu de ça, rien. On ne fait jamais que subir ces origines et la haine des autres quand on ne correspond pas à une mode.
Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Vendredi 7 septembre 2007
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Avant propos


Bien que ce texte soit inspiré d'histoires vraies, c'est avant tout une nouvelle de fiction.
Toutes ressemblances avec des personnages existants ou des situations réelles ne sont que fortuites.

Photo : Alain Lemoine. d'après une mise en scène de Thomas Slut. Modèles Thomas Slut et Andréia Boneca.

Site d'intérêt public
www.lesputes.org

Pétition pour l'abrogation de la Lsi,
c'est ici.






Le camion de AIDES garé le long d’une allée au bois de Boulogne signifiait pour Roland et son équipier que la pêche allait être bonne. Le commissaire Rollin avait reçu des instructions du ministère de l’intérieur, il fallait faire du chiffre, en chassant tout ce qui touche de près ou de loin à la délinquance… Les putes, tant bien même elles sont des femmes honnêtes, faisaient parti des parias qu’il fallait contrer. Le bois devait retrouver sa dignité. Les flics avaient donc pour mission de le nettoyer, le passer au peigne fin s’il le fallait ; Assainir le lieu une bonne fois pour toutes était la croisade dans laquelle Roland se lançait corps et âme. Les putains lui inspiraient une indignation profonde, si bien que lorsque Mascha sortit de la fourgonnette de l’association, elle fût alpaguée violemment par les deux keufs. Roland et son compère d’inspecteur la prirent avec condescendance et mépris, si bien que Mascha piqua une colère en tentant de rétorquer aux insultes des flics. Damien et Catherine, les bénévoles sortirent du bus pour tenter de s’interposer, mais Roland profita d’être du bon côté de la loi pour les remettre en place : « leur donner des capotes pour les aider à se prostituer est une infraction. Foutez le camp avant que je ne vous coffre pour proxénétisme ! ». Les volontaires de Aides ne pourraient pas aider davantage Mascha, sinon de contacter le siège de l’association pour les informer de cette énième altercation. Il régnait cette nuit là une ambiance de peur chez les travailleuses du sexe, si bien qu’aucune d’entre elle ne sortit des fourrés par peur des représailles de la police. 120 euros d’amende pour Mascha, cette loi était devenue un loyer. « Si tu veux tapiner, il faut maintenant payer l’Etat ». Elle mollarda un gros glaire à la tronche de Rolland qui lui administra une torniolle mémorable, la laissant pantelante sur le bord de l’allée. « C’est tout ce que tu mérites, sale pute ! ». Les inspecteurs montèrent dans leur voiture et allèrent plus loin confisquer les préservatifs de quelques trans en faction.
 
Lorsque Martine vint le lendemain faire son tour hebdomadaire auprès des prostituées du bois, elle fut outrée d’apprendre le harcèlement policier dont elles étaient victimes. Elles avaient été presque toute verbalisées par Roland et les autres équipes, si bien que le bois représentait, pour la semaine en cours, plus de 15 000 euros d’amende. Ca devenait vraiment insupportable. Si la répression s’était un peu calmée ces derniers mois, elle s’était largement accrue depuis les présidentielles. Martine décida de rencontrer à nouveau le commissaire Rollin, mais celui-ci l’envoya balader. « Une éminent psychologue comme vous devrait plutôt s’occuper du bien être de la population générale, au lieu de perdre son temps avec des paumés comme on en trouve au bois ». Martine fit éclater sa colère. « Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, je tiens tout de même à vous signaler que ces filles sont aussi des êtres humains. Il faudrait par ailleurs que votre inspecteur, Rolland Tacquard, cesse de les insulter comme il le fait. Ces filles sont souvent précaires. Elles ont fait beaucoup d’effort depuis l’instauration de la LSI. Ce serait bien que vos équipes les respectent un peu plus ! ». Martine fut verbalisée pour outrage à agent de la force publique, ce qui décupla sa colère. Pour la première fois depuis le 18 mars 2003, elle sortit de ses gonds et gifla le commissaire qui l’envoya croupir en garde à vue.
 
Rolland fit encore sa balade nocturne au bois comme il avait plaisir à le faire lorsqu’il tomba à nouveau sur Mascha, qui venait de faire un client à l’arrache derrière un buisson. Il fit épingler le client au motif de racolage passif. Il avait reçu de nouvelles consignes : s’en prendre aussi à ceux qui louaient ou chercher à louer des services sexuels. Mascha lui cracha à la tronche et prit encore une torniolle de la part du ripou. « Cette fois ci, connasse, tu vas me le payer, tu n’aurais pas du envoyer ta mère maquerelle parler à ma hiérarchie ». Il l’attrapa par les cheveux, la traîna jusqu’à l’allée de platanes. « Tu veux sucer, alors suce ! » Il lui enfonça sa bite aussi raide qu’une matraque au fond de la gorge. Plusieurs fois, elle faillit s’étouffer, entre la respiration coupée et les larmes qui coulaient sur ces joues. « Avale, espèce de sac à foutre ! » hurla Rolland à la péripatéticienne avant de la jeter au sol. Il la laissa là, salie, avant de remonter en voiture pour mettre le client au mitard assisté de son équipier dévoué.
 
Dans la voiture qui les conduisait au commissariat du XVIème, le client perdait son sang-froid. « C’est dégueulasse ce que vous lui avez fait, elle ne méritait pas ça, je vais vous dénoncer ! ». L’équipier pilla  net, Rolland se retourna et colla une droite au quidam. « Maintenant, tu fermes ta gueule ! Si tu parles à quiconque de ce qui s’est passé, je m’arrangerai pour qu’on te retrouve flottant dans les cascades. Alors c’est simple, on va te laisser descendre ici et rentrer tranquillement chez toi. On ne dira pas à ta femme que t’es allé te faire faire une turlutte, et on est quitte, on oublie l’amende. C’est bien clair ? ». Le client accepta.
 
Ce qui était arrivé à Mascha fit très rapidement le tour du bois, de la porte Dauphine à la porte d’Auteuil, en passant par les recoins les plus sombres, tout le monde entendit parler de cette histoire. Une réunion s’improvisa dés le lendemain après midi. Il fallait dresser un bilan d’urgences de tout ce que les travailleurs du sexe avaient subit de la part des flics, et particulièrement de Roland et son compère. Il fut décidé d’aller manifester place Beauvau. Plus d’une cinquantaine de putes tout azimuts s’étaient regroupés, mais on les coffra très vite pour un contrôle d’identité. Le fait qu’elles revendiquent le droit au respect de leur profession était intolérable pour le gouvernement en place, si bien qu’on demanda à la presse de ne relayer aucune information… On n’en entendit parler nul part, seulement des rumeurs.
 
Après cette contestation manquée, Martine essayait d’aider tant bien que mal Mascha, mais elle continuait d’être harcelée et violée par Rolland, qui était maintenant aidé de son ignoble compère. Il n’y avait pas de raison qu’il n’en profite pas non plus. Ils ne se limitèrent pas à la violer régulièrement. Pour qu’elle se taise, ils avaient décidé de ne plus la verbaliser et de se servir en nature. Ce n’était qu’une chienne, elle pouvait bien payer de son corps sa liberté, ce n’était qu’une femme immorale. Martine tenta une action en justice, mais aucune instance policière ne voulait l’aider. « Vous vous rendez compte, c’est une pute, qu’est-ce qui prouve qu’ils n’ont pas payé le montant de la passe ! ». Martine rentra frustrée chez elle. Elle n’avait aucune information positive à communiquer aux membres de l’association. Elle tenta bien de médiatiser cette affaire, mais comme avec la justice, ce fut une fin de non-recevoir qui clôtura toutes ces tentatives.
 
Plus les jours passaient, et plus la colère de Mascha grandissait. Elle n’était pas la seule dans ce cas. Ce qui lui arrivait provoquait la rancœur générale, si bien que les associations n’ayant aucun pouvoir pour dénoncer cela devenaient inefficaces. On décida alors, d’une manière générale, de faire justice soit même. Plus personne ne supportait cette atmosphère chargée. Les clients étaient verbalisés et condamnés au même titre que leurs hôtesses si bien qu’on travaillait peu et mal. Les gigolos, que les flics avaient laissés tranquille jusqu’alors se virent aussi infliger des contraventions en tous sens. Non, plus personne ne tolérait ce manque de respect. Tout le monde était dans le même bateau ; il fallait riposter.
 
C’est ainsi qu’il fut décidé d’agir seul, sans l’aide des associations. Cette nuit là, le bois était anormalement vide. Mascha était seule, si bien que Rolland et son équipier ne tardèrent pas à lui tomber dessus. Elle les attendait, et les accueillit avec le sourire. « Ce soir, c’est votre fête les chéris, suivez-moi, j’ai bien envie de vos queues. ». Instinctivement, ils la suivirent dans la forêt. Elle avançait très vite, perchées sur ses talons hauts. Il fallait qu’elle les emmène assez loin de la route, là où l’obscurité était la plus totale. « Allez, venez donc, approchez ! ». Lorsqu’ils furent suffisamment proche d’elle, le pantalon en bas des jambes, tous les autres sortirent des buissons derrière lesquels ils étaient cachés. « Vous voulez du sexe, vous allez en avoir ». C’est ainsi qu’une trentaine de putes, femmes, trans et hommes se jetèrent sur les deux policiers. On leur arracha leurs vêtements, les jeta à terre, les piétina. « Alors maintenant, voyons qui sont les plus forts ! ». Tour à tour, on leur pénétra la bouche et le cul. On leur pissa dessus avant de les savater  à grand coup de pied, de poings. Les deux flics hurlaient. Personne ne voulait entendre leurs cris, comme ils n’avaient jamais réagi aux larmes de douleur de Mascha. On les tortura une bonne heure, afin qu’ils comprennent leur douleur. Puis on les laissa là, nus, couverts de pisse, de mollards, de crachats et de merdes. Rolland et son équipier restèrent tétanisés au milieu du bois, jusqu’à ce qu’un coureur ne les découvre au petit jour. Ils étaient incapables de parler, tant ils étaient traumatisés par la violence qu’on leur avait fait subir. L’équipier mourut à l’hôpital Pompidou dans la matinée des suites de toutes ces fractures et hémorragies. Rolland avait eu plus de chance, mais il ne recouvra jamais ces facultés mentales.
 
Bien évidemment, il y eut une enquête, mais la police ne découvrit rien au sujet de cette sombre histoire. Les travailleurs du sexe s’étaient montrés solidaires les uns avec les autres… Et puis, cette nuit là, personne n’était venu travailler. La répression ne cessa pas, mais la police apprit à utiliser des gants lors des interpellations… jusqu’à la prochaine dérive.
Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Lundi 30 avril 2007

Je dédie  ce  texte  à Mes  amis  J.  et C.  Ainsi qu'à tous ceux qui se battent au nom  des libertés individuelles et du respect des droits de la personne.

 


 

Jérémie avait cru remarquer une invitation à le suivre dans les yeux de l’homme assis face à lui dans le bus. Instinctivement, il se leva d’un bond et le suivi alors que c’était loin d’être l’arrêt auquel il devait descendre. Il ne savait pas ce que c’était, mais il ne pouvait s’empêcher de le suivre. Ca lui prenait comme ça, quand il croisait certain garçons qu’il désirait secrètement, mais jamais il n’avait tenté une approche. Il  le suivait, à une distance raisonnable, essayant de ne pas se faire démasquer, ni par l’homme, ni par les quelques rares passants en cette heure avancée de la nuit. L’homme tourna dans une impasse puis avança jusqu’au bout du renfoncement. Il sorti sa bite de sa fermeture éclair et déversa sa pisse sur le mur de pierres. Jérémie en fit de même, matant l’énorme engin de l’homme. Une fois que celui-ci eut fini de pisser, il prit la teub de Jérémie en main et commença à le branler énergiquement. Personne ne l’avait encore jamais touché. Ils vécurent un instant orgasmique.

Crissement de pneus et lueur aveuglante : une voiture de flic venait d’entrer dans l’impasse. Les policiers, furieux se jetèrent sur les deux hommes et les rouèrent de coups de pieds, de matraques et d’insultes. « Sales obsédés ! » criaient les garants de la sécurité. « Vous devriez avoir honte ! On vous emmène au poste ! ».L’homme baissait les yeux et obtempérait. Jérémie répondait aux coups par les insultes,ce qui décuplait la violence de leurs agresseurs. Il avait le nez cassé lorsqu’ils arrivèrent enfin au commissariat.

 

On les jeta dans une cellule, seuls, au milieu de tout ce que la société pouvait compter de pseudo-parias… Jérémie s’agrippa aux barreaux, criant pour qu’on le relâche. Il prit un énième coup dans le ventre. « Ta gueule Pédale ! ». L’homme voulait crier à l’injustice, mais il n’était plus du bon coté de la législation. Le monde avait radicalement changé en très peu de temps. Il s’agenouilla, retira sa chemise et essuya le sang et les larmes qui coulaient sur le visage du jeune homme. « Sois gentil, tais toi, tu aggraves notre cas ». Mais Jérémie ne l’entendait pas ainsi. « J’en ai rien à foutre de ce qu’il peuvent penser ou de ce qu’ils peuvent faire ! On n’a rien fait de mal ». L’homme posa son doigt sur la bouche de son amant. Il y a 15ans, on ne les aurait jamais arrêté pour ça, juste une contravention pour exhibitionnisme, et encore… Le monde avait le visage de la haine depuis qu’Alexandre Volopsky était arrivé au pouvoir. 30ans de lutte contre les discriminations et l’ouverture des droits aux LGBT avaient été balayé par l’avènement d’un seul homme. Il avait pourtant obtenu leur voies, invoquant des problèmes d’insécurité et de droit au respect des personnes, mais petit à petit, il avait ramené la société à un courant de pensée moyen-âgeux. On avait encore le droit d’avoir des rapports avec une personne du même sexe, mais il fallait cacher cette déviance afin de protéger les jeunes d’une dégénérescence immorale. Il s’en était pris d’abord aux magazines en les attaquants sur la pornographie, puis il avait démantelé les groupes associatifs activistes en publiant des dossiers de propagande pour les décrédibiliser… Soutenu par les mouvements familliaux intégristes, il fit fermer les lieux de rencontre et censura le net. Les homos avaient pourtant tenter de protester, mais on les réduisit au silence. Certains avaient tentés de publier des livres dénonçant le dictat du Président, mais on les avait retrouvé mort. Alexandre Volopsky jouait encore l’hypocrite et criait au scandale du crime homophobe envers des personnes fragiles, mais alimentait en parallèle un discours de haines à l’encontre des homosexuels. C’est comme ça qu’il avait maintenu cet électorat : en se débarrassant des intellectuels humanistes.

 

L’homme avait connu le déclin gay. Il se souvenait des années Mitterand, de sa  première gay pride où ils n’étaient qu’une centaine, le fléau du SIDA, le combat pour le pacs puis le déclin. D’une personne totalement outé, il était devenu un personnage à éviter. La propagande s’était ancrée à nouveau dans les esprits puritains. Il expliqua tout ceci à Jérémie, qui d’un coup, découvrait l’histoire d’Hocquenghem, de Foucault, de Guibert, de Martel, d’Act Up et des Panthères Roses. Tout ces noms ne lui évoquaient rien. Il avait grandi en apprenant qu’être pédé, c’est mal puisque les livres touchant à la sexualité avaient été interdit.. Il était loin de se douter que le paradis auquel il aspirait avait déjà existé, mais qu’on l’avait interdit sous prétexte qu’il était l’image luxuriante de l’enfer.
 

 

 

Au petit jour, un officier viendra les chercher. On les conduira au tribunal où ils seront condamnés pour pornographie publique, incitation à la débauche, outrage à Agent. Ils seront condamnés à un isolement rééducatif ou ils seront les cobayes de la science puritaine. L’homme décédera d’un  œdème cérébral ; il aura transmis son savoir à Jérémie.

 

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Mardi 12 septembre 2006

Mickael pleurait à chaudes larmes dans les bras de son ami Stéphane. Il venait de voir Miloud passer devant lui dans l’aérogare, menotté et  escorté de deux policiers. Il lui avait crié un « Je t’aime » du fond du cœur mais Miloud avait préféré baissé la tête. Le charter pour la Saoudie allait décoller. Mickael était dépité ; plus rien n’avait d’importance à ses yeux. On lui arrachait l’homme de sa vie sans qu’il ne pusse faire quelque chose. C’était injuste. Miloud n’y était pour rien. Il était victime d’une machination infernale. Tout ça par la faute de Mickael.  

 

Stéphane n’avait pas le moral cette nuit là. Mickael était resté auprès de lui pour le veiller, si bien qu’il était loin de Miloud quand la police débarqua pour perquisitionner. Le réveil avait été violent pour Miloud. En moins de deux minutes, on avait trouvé dans leur appartement une centaine de pilules d’ecstasy et 1 780 euros en espèces, cachés sur le dessus de l’armoire. Miloud n’y était pour rien. Mickael dealait à la fac depuis quelques mois et ne le lui avait jamais dit. Quelquefois, Miloud avait demandé à son amant pourquoi il avait tant d’argent et pourquoi il lui faisait des cadeaux somptueux, or Mickael lui répondait toujours que cela venait de ses parents… Les flics s’étaient trompés de cible. 
 

Quand Mickael rentra chez lui, il découvrit leur appartement sans dessus dessous. D’emblée, il comprit ce qui s’était passé. La mamie d’à coté, protectrice telle une mère, lui raconta comment on avait violenté le pauvre Miloud, « un si brave garçon qui n’avait jamais fait de mal à personne… » 
 

Pendant que Mickael tentait de remuer ciel et terre pour savoir où était incarcéré son mec, les rumeurs allaient bon train dans le quartier. Lorsque les voisins le croisaient, ils le dévisageaient avec mépris ou feignaient de compatir à sa douleur… Or, quoi qu’ils fissent, rien n’apaisait la douleur et le sentiment de culpabilité qui rongeait le jeune homme. Il n’avait plus la force d’aller en cours et passait son temps à appeler les commissariats, les tribunaux. Personne ne voulait lui répondre. 
 

Au tribunal, Miloud n’avait plus l’étincelle d’optimisme que Mickael aimait en son regard. Il était maigre, mal rasé et affaiblit. Tout était fait pour le dépeindre comme un dangereux terroriste. Il avait cherché plus d’une fois son copain dans l’assemblée, mais celui-ci n’était pas là. Dépité par une telle trahison, il avoua dealer depuis son arrivée en France. Il repartira en Saoudie en charter direct. La peine de mort l’attendait au retour. Il avait quitté son pays plein d’espoir ; il y retournait humilié. Il aimait Mickael plus que tout au monde. C’est ce qui lui donnait la force d’affronter la cruauté de son destin. 
 

Pendant que Miloud croupissait à Fleury-Mérogis, Mickael s’aliénait. Il repensait à leur rencontre seulement quelques mois plus tôt et la façon dont il avait été séduit. Il s’était encore grave défoncé la veille et avait atterrit mystérieusement chez ce beau garçon à la peau mâte. « Ti voux di pouli ? » lui avait demandé Miloud lorsque le blondinet ouvrait ses yeux sur ce monde insensé au milieu de l’après midi. Il n’avait jamais quitté son appartement. En moins de 48 heures, ils vivaient une passion des plus renversantes. Au fil des semaines, Mickael avait cessé de se défoncer. Tout ce que pouvait lui raconter Miloud était planant, leurs effusions des plus orgasmiques. Les deux garçons s’étaient reconnus d’emblées : ils étaient des âmes frères. 
 

Mickael ne sortait presque plus qu’avec son chéri, négligeant sa bande de copains. On se réjouissait pour son bonheur, mais de temps à autres, certains bien pensant lui conseillaient de calmer un peu le jeu. Il était jeune, beau et intelligent. Pourtant, il était naïf malgré son sens de la débrouillardise. Il n’avait rien vu venir… 
 

Après la séance d’adieux humiliants de Roissy, Stéphane raccompagna Mickael chez lui. Il n’avait pas la force de rester seul et avait besoin du soutien de son meilleur ami. Il était rongé par la culpabilité et les remords. Il s’entêtait à affirmer qu’il était responsable de l’extradition de Miloud et ne se le pardonnerait jamais. Mickael se recroquevilla sur lui-même, s’allongea sur le lit, sentit l’odeur de Miloud sur la taie d’oreiller puis se mit à pleurer de tout son corps. « J’voudrais bien savoir quel est le bâtard qui a balancé Miloud ! ». C’est alors que la réponse se fit entendre. Stéphane avoua à Mickael qu’il était secrètement amoureux de lui depuis quelques mois ; le couple qu’ils avaient prévu d’officialiser lui était insupportable. Mickael n’en revenait pas. Celui qu’il considérait comme un frère avait détruit sa vie ! Jamais il n’aurait soupçonné une telle trahison. Son meilleur ami était responsable de sa perte. Il poussa Stéphane de toutes ses forces contre le mur, attrapa une chaise et le frappa aussi fort qu’il avait mal. Le traitre avait beau implorer son pardon, il était des détresses que Mickael ne pouvait plus entendre. Tout ce qui lui était important n’avait plus de raison d’être à présent. Il ouvrit le gaz et alluma une cigarette.

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Mardi 12 septembre 2006

Excité, exciter, excitez ! La fumée du spliff lui décongestionnait le cervelet. Envie d’exhibition, de se rassurer face au temps qui passait. 3 fenêtres, 3 profils, une webcam. 20ans, 26ans, 43ans. 3 beaux mecs avec des personnalités différentes, mais un coté voyeur gourmand. Joachim n’aimait pas le sexe virtuel, mais ce soir, c’est leur fête. Il savait qu’il ne baiserait jamais avec aucun d’eux. Le premier vit chez Môman, le second en Belgique, le troisième pas très loin, mais trop vieux. Juste envie de les allumer jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus ! Il ne les voyait pas, mais chacun d’eux le mataient, bavant sur l’écran, le wizzant pour en voir plus, toujours et encore. Ils aimaient son corps. « Tu es trop beau ! », « J’aime ton cul ! », « Montre moi encore ta bite ! », « Humm quels biceps ! »… Joachim se délectait des compliments… mais ses pensées s’obscurcissaient. Il avait 30 ans ce soir. Plaire sur le web n’était jamais un problème ; c’était continuellement le défilé dans son lit, mais dans sa vie, c’est toujours le vide. Il coupa la connexion, s’habilla en vitesse et décida d’aller marcher un peu.

Instinctivement, il se retrouvait toujours dans les mêmes endroits, les mêmes têtes, mêmes pseudos illusions de fête… Une Tequila ici, une autre par là. Fin de soirée, il avait écumé tous les bars du marais sans rien trouver. Mais que cherchait’il au juste ? Il ne le savait plus. Il aurait aimé croiser ses potes plutôt que de recevoir des sms ou des appels lui rappelant qu’il sortait de la catégorie des adulescents. 10ans qu’il traînait ses guêtres dans le milieu : pour rien. Quand il avait commencé à s’assumer juste après son coming-out, il avait vécu cela comme un grand moment. Le monde s’était ouvert à lui. Des mecs, plus beaux les uns que les autres avaient perdu leurs boxers dans son lit… Ca avait été plus de 3650 garçons pour finalement très peu d’instants de bonheur… Amoureux ? La dernière fois, il devait être encore débutant. Il s’était fait une raison : l’homme est carnivore ; il faisait parti de ceux là. Il pensait s’être fait une raison. Pas du tout. Il prenait sa solitude en pleine tronche. Ca faisait plus mal qu’il n’aurait pu le soupçonner.

2h30 du mat’. Loin d’être frais, il n’en pouvait plus de tout ça. Il n’avait jamais l’alcool triste, mais cette nuit, c’en était trop. Son âme s’asphyxiait dans la détresse. Plus voir personne de la soirée. Ne pas rentrer pour autant. Le lit était trop grand. Il tituba sur les quais de Seine, se prit les pieds dans les pavés, et alla heurter un banc.

« Hé Mec ! Réveille toi !

- Non, fous moi la paix, dégage, j’veux crever ! »

Joachim repoussa le garçon qui tentait de l’aider à se relever sans même le regarder.

« Attends mec, tu vas pas bien, je peux pas te laisser là dans cet état. T’as un chez toi ?

- t’as déjà vu un clochard en Dolce Gabana ?

L’autre éclata de rire. Joachim empesta.

- On est à Paris mec ! Ici, il ne faut jamais croire ce que tu vois. Par contre, je crois à ce que je ressens. Et j’avoue, j’suis triste pour toi…

- Qu’est-ce que tu racontes ?

- Je comprend pas pourquoi un mec mignon, comme toi se retrouve dans cet état. T’as pas un mec à rejoindre ?

- Non, sinon je s’rai pas là. Et puis, t’es qui pour me faire de la psychologie de comptoir ?

- Va te faire foutre si tu me parles comme ça ! Je voulais juste discuter avec toi… Après tout, j’ai pas de temps à perdre avec un loosdé ! »

Joachim n’avait jamais apprécié qu’on le traite de looser. Il était tout sauf cela. Il se leva pour courir après le garçon qui s’éloignait à grand pas.

« Et, tu veux pas v’nir passer la nuit à la maison ? Avait dit Joachim, en regardant le mec droit dans les yeux. C’était un beau garçon, d’une trentaine d’année, au crâne rasé avec un collier de barbe très fin.

- J’croyais que tu voulais être seul ?

- Non, j’en peux plus de cette solitude. Ca me ronge. J’ai 30ans… Le temps passe à une vitesse folle. Un jour, je serai vieux et triste…

- Eh mec, j’viens pas pour tomber dans le mélo ok ? »

 

Après un spliff, Joachim tomba raide de sommeil. Grégory le regarda sombrer, le déchaussa et l’enroula sous la couette. Il s’endormit joyeux. Pour la première fois, quelqu’un prenait soin de lui. Lorsqu’il se réveilla, sa tête lui faisait mal. Il pensait avoir fait un rêve étrange, lorsqu’il trouva le café prêt sur la table, accompagné d’un croissant, d’un verre de jus de fruit, de deux cachets d’aspirine et d’un mot : « Si tu veux te suicider à nouveau, appel moi au 06 666 343 70. Grégory. ». Joachim sauta sur son téléphone, et prit rendez-vous pour le soir même.

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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