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Textes en liberté !



Queer, pas Queer...

Ce blog est un receuil de quelques unes de mes nouvelles abordant des thématiques LGBTIQ 
Au travers de la fiction, je traite différents sujets auxquels on peut parfois être confronté dans nos vies.

J'écris simplement avec mes tripes, me basant parfois sur du vécu, ou, à d'autres moments, en me mettant dans la peau de personnages.Certains textes sont engagés, d'autres le sont moins. Tout peut être sérieux, comme il peut y avoir de la dérision.

Attention, certains écrits aussi n'ont jamais dépassé le stade du brouillon, mais j'ai plaisir à partager mon imaginaire avec les lecteurs.

Ce blog fêtera ses 4 ans en septembre. Deux nouvelles présentées ici "Un autre Sexe" et "Bareback Orange" ont été tranformées en court-métrage. Le titre "Nuit d'Ivresse" sera lui aussi adapté à l'écran lorsque j'aurais terminé la rédaction d'un projet de plus grande ampleur qui me tient à coeur depuis longtemps.

Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires, car il n'est pas désagréable d'avoir un retour sur son travail.

Depuis le début de "Ceinture de Queers" vous avez été 35.200 à vous connecter. Merci à tous les lecteurs.

Depuis un an maintenant, je suis aussi l'Auteur et Chanteur du groupe "
Mauvais-Genre!". 

Parfois aussi, il m'est arrivé aussi, lorsque j'étais plus engagé sur des thématiques Queers, de publier des articles sur le journal de l'en Dehors, et de septembre à juin, je rédige régulièrement quelques articles pour mon blog personnel "What's on my Minds".


Bonne lecture,
Thomas Le Bihan

Mardi 27 septembre 2005

          

  Dans la réserve, il renifla une dernière fois l’odeur du carton contenant le dernier roman de Virginie Despentes. Il l’avait attendu durant des semaines. Aujourd’hui, le lot était enfin arrivé. Il avait préparé une jolie tête de gondole afin de mettre cet ouvrage en valeur. Bien qu’il ne l’ait pas encore lu, il l’aimait déjà. Il savait qu’après une dure journée de labeur au Virgin, passé le tourniquet du métro, il pourrait se délecter du moindre mot et se noierait dans l’histoire.

 

             Théodore inspecta son rayon, puis observa les clients déambuler dans les allées. Pour beaucoup d’entre eux, la passion de la littérature s’était transformée en addiction. Il était leur semblable, à la différence qu’il était en quelque sorte leur guide spirituel. Son métier de vendeur lui conférait ce rôle. Aucun acteur de cinéma n’aurait pu porter à l’écran cette fonction aussi dignement que lui. Il connaissait par cœur les éditions, les auteurs, les différentes publications, les types d’œuvres et leurs contenus. Il n’avait qu’un amour : celui des livres. Chaque nouveauté sur le catalogue des fournisseurs, passait entre ses mains pour rejoindre ensuite sa collection personnelle. Il aurait pu créer une bibliothèque rien qu’en ouvrant son appartement au public.

             Son amour pour les livres naquit lorsque sa mère lui avait enseigné la différenciation des lettres et des syllabes. Ce qu’il avait découvert était magique, si bien que son apprentissage de la lecture fut rapide et efficace. A la rentré du cours préparatoire, il avait lu à voix haute, de manière parfaite les dix premières pages du manuel d’initiation scolaire avec la perfection d’un conteur. L’institutrice en fut si émerveillée qu’on lui fit sauter des classes… Jusqu’au collège, il fût un élève brillant et attentif. Cela s’inversa au lycée. Non pas pour marquer sa rébellion comme les autres adolescents, mais parce qu’il vivait dans un monde littéraire parallèle imaginaire. Quelle que soit la matière, à l’exception du cours de lettres, il préférait lire tout ce  qui lui passait sous la main : romans, essais, nouvelles, théâtre, théologie… Il perdit alors son avance scolaire, et force d’aide d’une psychothérapie, il finit par obtenir son bac et entrer en fac de lettres. Pour financer ses études, il se fit embaucher chez Virgin comme vendeur au rayon librairie. C’était il y a dix ans. Depuis, il n’avait jamais quitté cet emploi. D’ailleurs, il s’y était tellement investi qu’il avait finalement préféré renoncer à sa vocation d’enseigner le français. Qu’aurait-il bien pu faire d’intéressant au fond d’un lycée d’une zup ? Ici, il avait appris à reconnaître les vrais passionnés. Certains d’entre eux étaient devenus ses amis. Il avait gagné au change. Philosophiquement parlant, il était en harmonie avec son  moi profond.

 

             A onze heures trente, comme on le lui avait demandé, il gagna le bureau de Monsieur Bredelet, le directeur. Au préalable, il prit avec lui le listing des premières ventes de la journée. Même s’il n’y avait aucune raison apparente de lui reprocher quoi que ce soit, Théodore préféra préparer sa défense au cas où on déciderait de l’attaquer sur son travail. Il n’avait pas de soucis à se faire, la despente se portait bien, comme le reste de son rayon : toujours impeccable. Monsieur Bredelet le regarda en souriant puis lui demanda de s’asseoir. Il déboucha une bouteille de champagne et en tendit une coupe à Théodore.

« Vous savez à quoi nous trinquons ?

- Non, répondit théodore, perplexe.

- Et bien, au vu de vos résultats brillants, de vos compétences et de l’amour de votre métier, j’ai décidé de vous congratuler. Après le départ en retraite de Mme Rosemond, vous prendrez sa place à la tête de l’ensemble des rayons librairies de notre magasin.

- Si je m’attendais à cela…

- J’ai confiance en vous. Vous donnez à notre clientèle une digne image de Virgin. Si tous nos employés pouvaient être comme vous ! » s’exclama le directeur.

 

             Lorsqu’il redescendit au magasin, la tête lui tournait. Or, il fût obligé de recouvrer ses esprits rapidement. Un jeune homme, d’environ dix sept ans, tentait de décoller l’antivol au dos de la couverture d’un roman, tapi à l’angle d’une issue de secours. Théodore posa sa main sur l’épaule de l’adolescent qui blêmit en se retournant. Le vendeur lui adressa un sourire et lui prit le livre des mains. Ce n’était pas la première fois qu’il apercevait le jeune homme. Maintenant, ses soupçons étaient fondés. Le jeune homme fût surpris quand Théodore lui donna rendez-vous à l’entrée du métro à 19heures. L’incident oublié, Théodore prit le livre, le rapporta à la réserve et y apposa un nouvel antivol.

             En fin de journée, le nouveau responsable passa en caisse avec l’ouvrage qu’avait tenté de dérober le jeune homme. A la sortie du magasin, celui-ci l’attendait. Théodore lui offrit le livre, tout en lui adressant une remontrance fraternaliste. Le grand dadet baissait les yeux, coupable, tout en écoutant le sermon du vendeur. Théodore lui expliqua qu’un livre se respectait car il avait une âme. Il reflétait celle de son auteur, qui s’y était beaucoup investi, en livrant son cœur, ses forces, ses faiblesses, ses connaissances, ses inquiétudes et ses certitudes. Le discours passionné de Théodore pénétrait l’inconscient du jeune homme si bien que le temps passant n’avait aucune emprise sur eux. Que ce soit dans le métro bondé, ou bien dans la rue des envierges, l’adolescent continuait de boire les paroles du vendeur. Il était magnétisé au point qu’il se retrouva sur son pallier. Ni l’un ni l’autre ne s’étaient aperçu de la longueur de cet exposé. Théodore invita son compagnon à entrer.

            Lorsque Pierre passa le seuil de la porte, il fût émerveillé par ce qu’il découvrit à l’intérieur de l’appartement. Il y avait des livres partout ; chacune des pièces en était tapissé tel la caverne d’Ali Baba. Théodore était ravi par la réaction candide et joyeuse de Pierre qui piochait des bouquins par-ci par-là, en lisait quelques lignes et humait l’odeur du papier. Il était grisé par tant de lettres. « 3 872 livres exactement », dit Théodore. Tous lu, classés par genre et par auteur. Dans le salon, on trouvait les romans, les nouvelles, les essais, les pièces de théâtre et la poésie. Dans la cuisine, il y avait des livres de recettes, de médecine, et des vademecums d’œnologie. Dans la chambre, des contes et des romans de chevet. Dans les toilettes, les bandes dessinées. Les deux hommes discutèrent jusqu’à tard dans la nuit de leur passion commune. Pierre avait trouvé son mentor, Théodore voyait en lui la projection de son adolescence. Une amitié fraternelle naquit ce soir là.

 

             Il se virent régulièrement pour parler de leur centre d’intérêt commun. Peu à peu, Théodore apprit à connaître Pierre. En dehors d’avoir la même passion, le lycéen envisageait l’enseignement des lettres. Pour l’initier, Théodore l’emmena avec lui dans une association de Belleville où il apprenait à des mères de familles musulmanes la lecture du français. Petit à petit, il délégua le professorat au jeune homme, qui à son tour, faisait naître dans les ateliers, un goût prononcé pour la lecture.

            Plusieurs mois passèrent ainsi. A quelques semaines des épreuves du bac, Pierre était désemparé. Il devait renoncer à ses rêves car son père était gravement malade et ne tarderait pas à les quitter. Sa mère n’avait jamais travaillé. Personne ne pourrait l’aider. Théodore refusa de laisser tomber son petit protégé dans la neurasténie. Dés lors, le canapé du salon devint le lit de Pierre, et le rayon des bandes dessinées de Virgin son job.

 

            Théodore et Pierre étaient inséparables. Complices de tous les instants, le lien qui les unissait se renforçait au gré des jours. Ils parlaient bouquins sans cesse, donnaient des cours d’alphabétisation ensemble, fréquentaient les bars philosophiques… Si bien que l’élève, poursuivant ses études sous l’influence fraternelle de son mentor, finit par le dépasser. Quinze ans plus tard, Pierre était devenu Maître de conférence à la Sorbonne.

             Un jour, Pierre prit conscience qu’il pouvait voler de ses  propres ailes. Il loua un appartement. Une fois qu’il eut passé la porte, Théodore réalisa le vide laissé par son compagnon. Les 6317 livres qu’il avait à présent ne le rassurèrent pas. Il les inventoria plusieurs dizaines de fois, les reclassa… Rien à faire. Il comprit qu’il était amoureux. Non pas de ses livres comme il s’était toujours plu à le penser, mais de ce petit voleur à l’étalage ! Il voulu se divertir en relisant les chroniques de San Francisco, mais rien ne dissipait son mal. Pour la première fois de sa vie, il pleura à cause d’un histoire : sa propre histoire. Il prit un somnifère sans  pour autant trouver le sommeil. Il en fût ainsi les nuits suivantes.

             Dans son nouvel appartement, Pierre se sentait mal à l’aise. Il avait beau ranger et déranger ses livres, rien ne trouvait sa place. Il manquait quelque chose ; quelque chose d’essentiel. Ne parvenant pas non plus à s’endormir, il sauta dans un taxi en pleine nuit et débarqua chez Théodor. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Quand Théodore embrassa langoureusement Pierre, celui-ci eut un mouvement de recul. Il observa son ami, lui lança un sourire et dit : « Tu en as mis du temps à comprendre ! ». Puis ils s’étreignirent de nouveau.

 

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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Mardi 27 septembre 2005


 

Salim promenait son regard sur les cloisons tapissées d’annonces d’offres d’emploi de l’ANPE. Aujourd’hui, pas grand-chose de nouveau… Il venait en ce lieu si souvent qu’il connaissait au mot près le contenu des propositions. Cette situation commençait à peser lourd  sur son moral. Cet après midi encore, il ne pourrait proposer sa candidature qu’à deux sociétés. Passer tant de temps à chercher pour ne rien trouver. Salim se força à rester optimiste lorsqu’il s’avança du publiphone. « Ca doit marcher », se dit-il. Il décrocha l’appareil et composa le premier numéro. On lui rétorqua que l’annonce n’est déjà plus d’actualité. Il raccrocha, soupira un instant : « Pas grave, comme d’hab !». Il appela la seconde entreprise. On lui raccrocha au nez dés qu’il prononça son nom de famille. « Monde de fachos ! » hurla t’il sous le regard médusé des autres demandeurs d’emploi.  

            Dans la rue, il ne parvint pas à se calmer. Il sembla croire que le monde ne voulait pas lui laisser sa chance. Exceptionnellement, il n’irai pas boire son café à l’open. Marre de l’hypocrisie maraisienne ! On allait encore lui courir après. Ce n’était pas d’une bite dont il avait besoin, mais d’un job ! Peu lui importait la fonction, pourvu qu’il puisse cesser de taxer ses parents et voler de ses propres ailes à temps complet. Métro Hôtel de ville, les gens étaient chargés de paquets du BHV, portaient des lunettes de soleil Dior, ou exhibaient fièrement la panoplie complète de la fashion victime. Correspondance ligne 5, direction Bobigny. Ce n’étaient déjà plus les mêmes, il y avait plus de couleurs. Les expressions étaient plus tristes, fatiguées par la ségrégation … Ras le bol. Il arriva à la cité de l’étoile, passa le comité d’accueil. Les lascards ne l’accostaient plus, ils avaient compris qu’il ne voulait pas de leur shitt…  S’il n’était pas reubeu, on lui aurait cassé les couilles, or ici, la couleur de sa peau le préservait. Finalement, il rêvait de quitter un ghetto pour s’installer dans un autre… Peut être qu’un jour, il y parviendrait. La cité contre le marais. « Continu d’y croire ! »pensa-t-il.  

           Il arriva sur son pallier. A l’intérieur, le téléphone sonnait. Il pénètra dans son studio à toute hâte. C’était encore sa mère qui le harcelait « Mon chéri, faut que tu trouves du travail… On peut plus t’aider longtemps… Rentre à Marseille avec ta famille, c’est là ta place… Si tu n’as rien trouvé dans 8 jours, on viendra te chercher… ». A ce dernier propos, Salim fut dépité. Non au retour dans la famille ! C’était ici qu’il voulait vivre. Il irait porter des cageots sur les marchés s’il le fallait, mais il ne quitterait pas sa vie. Jamais il ne renoncerait à sa liberté.   

Le lendemain, Salim arpenta la rue Oberkampf afin de trouver peut-être une place à la con dans un resto branchouille. De bar en bar, toujours la même réponse négative. « Ne pas désespérer ». Il promènait ces cv avec la détermination d’un lion affamé. Il arriva enfin au Lieu-dit. Le service n’était pas encore terminé. Il restait encore quelques clients dans la salle. La barmaid l’accueillit. Il sortit son speech avec la précision, la régularité et la justesse d’un acteur. Elle observa attentivement son cv, et contrairement aux autres patrons qu’il avait rencontré auparavant, elle décida de le conserver « Tu n’as pas d’expérience, mais on ne sait jamais… ». Salim esquissa un sourire avant de se retirer. 
 

Dans le fond de la salle, Pierre-Yves Dumoulin et son assistant avaient observé la scène sans en perdre une miette. Ils tombèrent tous deux sous le charme du jeune maghrébin. Salim avait une prestance à crever l’écran : c’était lui qu’il leur fallait. L’assistant n’avait pas eu le temps de formuler une éventuelle objection quant à la sexualité de Salim que son boss était déjà sur le pas de la porte. 
 

Sur le trottoir, Salim alluma une cigarette. « Si seulement ça pouvait le faire ici !  En plus, le quartier à l’air sympa ! Ce serait chouette d’emménager par ici ! ». On lui frappa sur l’épaule. Il se retourna, surpris. Un homme bedonnant d’une cinquantaine d’années, serré dans son costume Gucci lui tendit la main pour le saluer. Le jeune homme marqua un temps d’hésitation puis serra la main de ce mystérieux quinquagénaire. Le vieux se présenta à Salim. Il était producteur de film, de film X, de film X gay… Salim recula « pas moyen ! ». L’autre ne se laissa pas impressionner, et continua son argumentaire de séduction. Salim l’écouta et finit par accepter la carte de visite du producteur avant de s’en aller.  

 

Plusieurs jours passèrent sans que le moindre emploi ne pointe le bout de son nez. Le téléphone sonna de nouveau. Cette fois ci, c’était la banque. Salim ne répondit pas. « Monsieur Ouechtati, renflouez votre compte !  ». « Et merde ! ». Dans la précipitation, le jeune homme appela sa mère, mais il comprit au son de sa voix qu’il n’en obtiendrait rien. Il fût même obligé de lui mentir en annonçant qu’il avait trouvé un travail. « Félicitations ! » lui répondit-elle, si bien qu’il s’inventa un début de carrière chez monoprix et des nouveaux collègues… Au bout du compte, cet appel lui avait détruit le moral : il ne savait plus vers qui se tourner. Ce fût à cet instant que son regard tomba sur la carte de visite de « Tel des Diables ». Il composa le numéro de téléphone et obtint un rendez vous dans la journée.  

 

Salim n’était pas très rassuré. Axel, l’assistant de Pierre Yves le fit entrer dans le bureau du PDG. L’autre l’accueillit chaleureusement. Salim resta distant, puis se laissa embobiner par la prestance et l’assurance de son hôte. A la fin de leur rencontre, il accepta de tourner sans préservatif pour 1 000 euros. On ne lui demandait même pas son statut sérologique. La seconde partie du casting se déroula dans l’autre pièce avec Axel pour Partenaire. Ils baisèrent frénétiquement tandis que Pierre-Yves s’astiquait le manche derrière son moniteur. 
 

Après cette baise, Axel retourna dans le bureau de son patron, le regard épanoui. « Ce mec est le coup du millénaire ! » lançait-il à son patron. Pierre Yves ne se laissa pas attendrir et ordonna à son assistant de s’affairer immédiatement aux contrats de Salim, et à l’organisation de son départ imminent pour le tournage en Roumanie.

              

              A son retour d’Europe de l’est, Salim consulta son répondeur. 24 messages de sa mère, folle d’inquiétude, menaçant de débarquer s’il ne lui donnait pas rapidement signe de vie. Il la réconforta immédiatement, avant d’écouter la suite des  messages. Surprise : Marjolaine du Lieu-dit, lui proposait de faire un essai comme commis de cuisine la semaine suivante ; il était si joyeux qu’il se mit à sauter sur le clip clap comme un enfant et tomba en éclatant de rire.  

          23h45. Fin de service. Comme tous les soirs, avant de quitter son travail, Salim alla s’asseoir au comptoir afin de faire le point sur la journée avec Marjolaine. Ce soir, la patronne semblait occupée à discuter avec quelqu’un de proche. Elle présenta son ami à Salim . Immédiatement, une alchimie magique naquit entre les deux hommes, si bien qu’ils passèrent la nuit ensemble…  

             Le soleil passait au travers des persiennes de la chambre d’Antoine. Salim et lui étaient enlacés, à demi nus, paisiblement endormis lorsque le portable de Salim sonna. A demi éveillé, il envoya balader sa mère. Pour une fois, ce n’était pas elle son interlocutrice ! Pierre-Yves lui proposait un nouveau film. « Hors de question ! » rétorqua bruyamment le jeune homme, réveillant ainsi son compagnon, qui suivit la conversation l’oreille attentive. Salim raccrocha et s’aperçu qu’Antoine avait comprit ce dont il s’agissait. Il était confus : le secret qu’il taisait depuis leur rencontre allait être percé au grand jour. Craignant de tout perdre, il préféra jouer la carte de la sincérité, et tomba en larme au fur et à mesure qu’il se confiait à Antoine. Son amant le prit dans ses bras, puis  le rassura avec de brûlants baisers. Antoine savait depuis longtemps pour le film, et avait préféré se taire. Ce n’était pas important à ses yeux, c’était loin derrière. Il avait confiance en Salim. D’ailleurs, tant d’honnêteté et d’innocence l’         avaient touché au point qu’il se décida enfin à lui déclarer un amour inconditionnel et passionné. 

Quelques jours plus tard, Salim attendait seul les résultats de ses tests de dépistage au centre du figuier. Antoine est retenu au bureau pour une réunion importante. Quand la doctoresse lui annonça les résultats, il voulu revenir en arrière et ne jamais avoir entendu cela. D’abord abattu, toutes ses idées s’emmêlèrent dans son esprit. Puis, il finit par exploser de colère, et quitta le cabinet médical en courant, sans que le médecin n’ait pu réussir à le calmer. Il en fut de même lorsqu’il entra dans le bureau de Pierre Yves Dumoulin tel une furie. Il attrapa le producteur par le col, lui asséna plusieurs coup de poings au visage et l’allonge au sol pour l’étrangler. Axel essaya d’empêcher cela, mais il n’était pas de taille face à Salim qui l’envoya voler contre le mur. Entre ses mains, Pierre Yves expira son dernier souffle. Axel reprit ses esprit, attrapa une chaise et la fracassa sur Salim dont les os se brisèrent… Lorsque plus personne ne bougea, Axel tomba à genoux au sol et pleura toutes les larmes de son corps.



Ce texte a été adapté en court-métrage.
Vous pourrez découvrir ce film prochainement en DVD dans sa version originale ou dans sa version hard.
La version originale, sortie est à nouveau visible ici.


Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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