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Jeudi 11 septembre 2008



Comme tous les pédés fétichistes, Tom avait eu sa période TN, ou il collectionnait les paires, car, c’était l’objet fashion de tous les yag, mais aussi parce qu’il aimait se prendre pour un scarla, alors qu’il vivait dans un studio du Xième arrondissement. Il les avait toutes usées en marchant, mais aussi dans ses plans culs les plus chauds avec d’autres lascars de pacotille version new-skinhead rainbow comme avaient pu l’être ses pairs à l’époque de Francky Goes to Hollywood. Et maintenant, il n’en avait plus qu’une vieille paires grises, devenues trop inconfortables pour être portées qu’il conservait de l’époque ou il s’en payait à tours de bras. Les temps avaient bien changé. La pub l’avait consommé comme tant d’autres, et même s’il avait été un requin comme ses baskets l’indiquait, il n’avait plus rien de cela. Parfois, la nostalgie le prenait. Dés lors, il ouvrait son meuble à chaussures et humait ses skets destroys en souvenir du bon vieux temps. Tout avait changé. Il se souvenait de parties de cul frénétiques de dog-trempling au TX, ou il aimait dompter des lopes en leur écrasant la tronche à coup de pompes de sport… Parfois, il avait joué les hyper-masters, en détruisant les TN de ceux qui étaient moins dominateurs que lui, par pure plaisir, comme si la basket représentait la virilité de l’homme… Et tout ça commençait à lui manquer. Il se sentait diminué si bien que sa libido en avait pris un coup. Donner ou recevoir un coup de bite classique, ça n’avait rien de fun. Il lui manquait le coté requin. Il n’était plus tout jeune. Il devait faire le deuil de ce qu’il n’était plus : jeune, beau, rotor. C’était bien loin tout ça. Il se contentait à présent, quand le Rmi le lui permettait, de s’acheter des skets de marques dégriffées et démodées aux puces de Montreuil. A force de dominer le monde, les dictateurs sont toujours renversés. Deux ans déjà que la banque lui avait repris chéquiers et cartes bleues, deux ans qu’il ne ne se payait plus l’objet de ses fantasmes.

 


Au début de sa période de chômage, bien avant qu’il ne sombre dans la dépression, il avait regardé sur e-bay comme tant d’autre, afin de se procurer le modèle qui manquait à sa collection. Or, comme tout fashion-addict expert, il avait appris à distinguer les vraies TN des contrefaçons et s’était fait une raison : il n’avait plus les moyens et l’occasion ne se représenterait certainement plus. Or, en vendant un de ces derniers costumes Hugo Boss bling-bling de cadre moyen, la curiosité lui vint de regarder à nouveau les articles nike. Il fût agréablement surpris de trouver aux enchères le modèle burberry rose en bon état à 24 euros. Dés lors, il se lança à nouveau dans le jeu des gagnants. Il désirait cette paire plus que tout au monde ; le reste devenant superficiel. Il avait renchérit de 3 euros, et se mit à consulter sa boite mail régulièrement malgré ses difficultés de connexions dues au Wi-Fi défaillant de son vieil ordinateur portable. L’adrénaline montait au fur et à mesure du temps qui défilait. Il ne restait plus que 5heures et 27 minutes lorsqu’un autre se mit à renchérir, faisant passer l’objet de convoitises à 35 euros. Non, Tom ne pouvait pas laisser filer sa virilité bradée comme ça. Il devait se battre, jusqu’au bout, ce n’était pas possible autrement. Ses TN burberry, il ne les avait jamais eu, il les voulait plus que tout. Il augmenta son offre, euros après euros, si bien qu’il ne quittait pas son écran des yeux et actualisait la page régulièrement… L’autre enchérisseur jouait le jeu aussi de son coté, si bien qu’à quelques minutes de la finalisation de l’enchère, le prix de la paire de basket avait triplé ! Ce n’était pas grave, il lui fallait ces baskets. Il demanderait à ses parents de l’aider au besoin, mais son bien-être psychique passait avant tout par son 44 ! Mais l’autre acheteur potentiel ne se laissait pas abattre. Les prix montaient, toujours et encore. Tom n’en pouvait plus. Dés lors, il envoya un message via le site à son concurrent pour lui demander d’abandonner. Mais l’autre n’en eut que faire, il arracha la vente avec 20 euros d’avances. « Bordel de merde ! » s’écria Tom, dépité. Il lui fallait s’avouer vaincu. Il n’était plus le requin qu’il avait été jadis. Dés lors, il se connecta sur un chat en recherchant un master pour le dompter, se faire un tripes sneakers, et humer des chaussettes sales en souvenir du bon vieux temps.

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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