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Mercredi 3 décembre 2008
 

Bouger, se sentir libre, inconnu et livré à l'inconnu dans une ville dont il ne savait que le nom. Il avait besoin de décompresser, loin du petit milieu de la nuit parisienne. On lui avait parlé d'une grosse soirée Gay à Cologne, où les plus grands Dj's européens s'affrontaient en ping-pong pour le plus grand plaisir des clubbers. Ça l'avait décidé à enfin bouger, voir d'autres têtes car ici, il n'y avait plus rien à découvrir. Les week-ends-ends se succédaient les uns les autres avec leurs agendas clubbings bondés, leurs trips, leurs plans-cul, si bien que le cercle de ses amis était étendu au maximum. De nouvelles têtes, de nouveaux trips, de nouveaux décors... C'est tout ce qui semblait nécessaire à Maxime. Il avait regardé l'agenda sur parisforgay.com et demandé à Sarah de l'accompagner, car malgré tout, il craignait, vu ce qu'il se mettait dans la tronche en sortie, de partir en vrille dans un pays dont il ne parlait pas la langue. Elle avait accepté, car elle aussi avait besoin de tailler la route, d'aller danser, et pour une fois se retrouver un peu seule avec celui qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer.


Maxime avait reçu les billets de train la veille de leur départ, et acheté les ecstas nécessaires. Ce n'était finalement qu'un aller-retour avec quelques heures de clubbing entre les deux. Il attendait à la gare du nord l'arrivée de Sarah et avait tenté de la joindre à plusieurs reprises durant la fin de l'après-midi mais sans succès. Elle lui avait envoyé un sms lui disant que tout était OK, mais elle était retombée dans un sommeil profond. On annonça le départ imminent du Thalys. Maxime dut se résoudre à monter dans le train sans elle. Finalement, il réalisa qu'elle s'était peut être trop éclatée la veille et qu'elle était incapable de se lever. Ce n'était pas la première fois, et ça le faisait chier. Sans cette copine bienveillante, il n'était pas à l'aise, nul part. Il ne pouvait pas la laisser vivre ; les filles à pédés sont vitales à certains mecs qui refusent de les laisser être heureuses de leur coté.


La voiture était déserte. Qui partait aussi loin à 21h30 en plein mois de janvier ? Personne, excepté un autre clubbeur parisien usé par trop de monotonie française. David était aussi surpris que Maxime de se croiser là, au wagon-bar, dés lors, ils firent le trajet ensemble. C'était l'occasion pour eux de discuter vraiment. Ils se croisaient habituellement, se faisaient la bise courtoise des clubbeurs, et passaient comme ça sans cesse l'un à coté de l'autre. Une bouteille de vin pour délier un peu les langues, et le trajet sembla beaucoup moins long. Lorsqu'ils arrivèrent à Cologne, il neigeait à gros flocons. David était déjà venu et connaissait le trajet pour aller au club. En à peine 10 minutes, ils étaient arrivé. Dehors, les gens faisaient la queue et étaient venus des 4 coins de l'Allemagne pour s'amuser. Ça promettait de belles rencontres et de beaux souvenirs. Contrairement à Paris, la foule avançait assez rapidement si bien qu'il failli presque se retrouver nez à nez avec le physio lorsqu'il goba son premier x. C'était un nokia. Il n'en avait pas trouvé depuis un long moment, et c'était ceux dont il préférait l'effet. La montée se faisait tout en douceur dans un premier temps, puis, la sensation de perchitude durait assez longtemps pour être appréciée. Le prix de l'entrée était raisonnable contrairement à ce qu'il avait l'habitude de payer, et les vestiaires étaient tenus par 10 personnes au moins. Il n'y avait pas besoin d'attendre et on le recevait avec le sourire. David fit visiter le lieu à Maxime qui n'en croyait pas ses yeux. Tout était immense, la foule géante dansait à perte de vue au moins 10 semi niveaux différents. Tout le monde semblait cool et s'éclater au son d'Armin Van Buren dans des looks que personne n'oserait à Paris. Les gens se lâchaient et transpiraient une énergie festive comme il en avait rarement vu. Maxime se demanda si son ecsta ne montait pas trop vite, car il se mit à suer fort, à kiffer les jeux de lumières et à danser en marchant. David lui prit la main et l'amena au bar. Vu l'effet de la montée, il était urgent d'aller se procurer de l'eau. Au bar, toutes les boissons n'excédaient pas 3 euros, si bien qu'au lieu de consommer de la flotte comme d'habitude, il commanda une vodka tonic. David lui demanda si c'était raisonnable, mais Maxime s'en foutait. Il avait l'habitude de mélanger alcools et bonbons, tout du moins, en début de soirée, donc il pourrait gérer. La visite continua. Il y avait 4 dance-floors dans des ailes différentes. Chacune avait son bon Dj, son ambiance, et son lot de beaux-mecs en plein orgasme musical. C'était le paradis avant la mort, le summum d'un peace and love emmené par des Maîtres de cérémonie plus géniaux les uns que les autres. David, montra à David les meilleurs coins de la boite ou il pourrait profiter au mieux du son, mais aussi les backrooms, les toilettes, les différents bars... Cette boite était mieux qu'une journée à Disneyland. C'était tout ce dont il avait besoin. Dommage que Sarah n'aie pas pu venir !


Deux heures plus tard, les deux garçons étaient complètement perchés. Le set de Tiesto battait son plein et chacun vivait un moment de plane des plus agréables. Tout était chouette ici, et même si on ne parlait pas la même langue, la convivialité se ressentait chez tous. Des conversations à peine entamée sur la musique qu'on s'échangeait des cigarettes, des gorgées d'alcools, des smacks... Tout était fun. Dés lors, David eut envie d'aller faire un tour en backrooms avec le couple de hollandais avec lesquels il bécotait depuis un moment. Maxime était si perché après son troisième X qu'il ne se rendait plus compte de rien. Il scotchait sur le projecteur jaune qui l'illuminait comme une révélation divine. C'était chouette... Il reçu un coup de coude dans le dos comme ça arrive souvent dans les soirées bondées, mais au lieu de lancer son regard réprobateur à l'auteur de ce crime, il lui fit son plus beau sourire et lui roula une pelle. Sous les lumières, l'homme était un Dieu, celui qui le ferait kiffer toute la nuit. Gunter lui rendit son baiser tout en lui pressant le cul avec sa grosse main ferme et virile, ce qui fit naitre une érection dans le boxer de Maxime. C'était magique ce moment. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas branché quelqu'un en club de la sorte. Il se sentit midinette et enjoué. Ils dansaient corps à corps, enlacé, transpirant en se pourléchant le visage, le torse et les aisselles. L'autre sortit une bouteille d'eau de la poche arrière de son jean. « Du Möcte der GHB? ».

Maxime réalisa qu'il était en Allemagne et qu'à part « GHB », il n'avait rien compris d'autre. Il prit la bouteille et en avala la moitié. Il crevait de soif, et ce qu'il avait senti à l'intérieur n'était qu'une dose minime. De toute façon, avec les trois ectsas qu'il avait déjà gobé, il lui en faudrait bien plus pour faire un G-hole. Les deux garçons finirent par discuter un peu en anglais avant de se rouler à nouveau des pelles et se peloter pendant que le Dj changeait jusqu'à ce que ça devienne moins bien.

Ils étaient tous les deux chauds et bien perchés, Maxime avait envie de Gunter, tout de suite, sans attendre. Il sortit la bite de Gunter de sa prison de toile qui commença à grossir entre ses doigts, mais l'allemand n'avait pas envie de baiser comme ça ici. Il voulait se faire un plan mémorable avec le frenchi, dés lors, mieux valait aller à la maison où tout un tas de gourmandises qui assureraient leurs performances les attendraient.


A peine la porte de l'appartement de Gunter franchie que Maxime lui saisi la bite et l'aspira goulument dans sa bouche de chienne en manque. Il le voulait, tout entier coulant dans sa gorge gourmande. « I want your sperm, I want your Sperm! ». Gunter lui attrapa les cheveux, le releva et le poussa vers le canapé. Il le laissa sur sa faim deux minutes et prépara deux verres de jus d'orange chargé en GHB. Ça allait être chaud et vicieux ! Maxime adorait ça. Il trinquèrent puis se sautèrent littéralement dessus. C'était intensément bon et jouissif. C'était, c'était, c'était... Maxime s'endormit pendant que Gunter lui remplissait le cul pour la deuxième fois puis l'allemand sombra lui aussi à son tour.


Lorsque Gunter se réveilla, il sentait encore les vapeurs de la veille lui envahir le corps. Il était frustré de ne pas avoir pu baiser plus que ça. Son regard se figea sur la table et réalisa qu'ils avaient bu au moins 15ml de GHB. C'était une dose de cheval. Il tourna la tête et réalisa que l'autre n'était plus là. Il se leva, abasourdi et se dirigea vers la salle de bain. Il faisait presque nuit dans l'appartement et se prit les pieds dans quelque chose qui n'aurait pas du trainer dans le couloir : Maxime. « Scheiße » hurla l'allemand. Il se baissa, tâta le pouls du frenchi. Aucune réaction. Il le retourna, tenta un massage cardiaque et le bouche à bouche ; il était déjà bien trop tard, le corps de Maxime était raide et froid. Guniter tomba et s'assit un long moment dans le couloir à contempler le corps du jeune homme dont il ne connaissait pas le prénom puis se remémora qu'à un moment, il avait entendu Maxime sortir du lit tant bien que mal qui essayait de se rendre à la salle de bain et était tombé dans un bruit sourd atroce. D'un coup, il fût saisi par la peur et les remords. Il aurait pu tenter de le sauver en appelant les secours. Une sonnerie inhabituelle retentit dans l'appartement. C'était le téléphone de Maxime. Sarah tentait de le joindre sans succès et relançait ses appels à fréquence régulière. Elle voulait savoir si Maxime s'était bien éclaté et souhaitait s'excuser car depuis 2 jours, elle était allongée avec Guillaume, un de ses collègues de bureau qui l'avait envoyé au 7ème ciel. Elle était loin de se douter que son dernier appel, directement rejeté serait la dernière preuve de vie de son premier amour. Gunter prit le téléphone, retira la puce et la jeta dans les toilettes. Il ne savait pas quoi faire. S'il prévenait la police, on l'arrêterait. Il ne voulait pas passer plusieurs années en prison pour avoir prit son pied avec un drogué. Il devait se sortir de cette situation. Il se leva, traina le corps de Maxime dans la salle de bain et commença à le découper au hachoir. Le jeune homme avait été sportif si bien que l'instrument tranchant avait du mal à détruire les chairs. Le sang giclait partout. Gunter se répugnait de ce qu'il était en train de faire, si bien qu'il finit par vomir sur le cadavre du frenchi, haché en petits morceaux dans la baignoire. D'un coup, les nerfs lâchèrent. Gunter se répandit en larme, se donnant des coups de poing sur la tête, assis contre le lavabo. C'était affreux. Il était devenu le boucher du garçon qu'il avait baisé frénétiquement quelques heures plus tôt. Toute la honte du monde lui tombait sur les épaules. Il partit dans un délire paranoïaque et ne percevait plus la réalité.


Il était 21heures lorsque Friedrich rentra de son week-end partouze dans un garage d'Hamburg avec une quarantaine de mecs venus des 4 coins de l'Allemagne. Il avait pris un pied d'enfer et pensait partager ses souvenirs avec son mec, assis tranquillement dans le canapé en fumant un spliff pour tuer le week-end en douceur. Ce n'était pas comme ça que l'histoire allait se terminer... Lorsqu'il vit Gunter maculé de sang, dans un état de démence avancé auprès de ce qui avait du être un homme, il prit peur et recula. Il n'en revenait pas de cette vision d'horreur et ne savait plus ce qu'il avait à faire. Des idées plus macabres les unes que les autres défilaient dans sa tête. Comment l'homme qu'il aimait depuis 15ans aurait pu se transformer en monstre de violence le temps d'une escapade ? Ça le pétrifiait. Il ne savait plus quoi faire, et pensa que la seule chose à faire pour sa survie était d'appeler la police. Il renonça à cette idée lorsqu'il découvrit la fiole de GHB vide sur la table basse du salon. Gunter, qui avait repris ses esprit arriva sans un bruit derrière lui. Friedrich sursauta et resta paralysé face à son mec dont le regard anéanti faisait peur.

«  Oh mon cœur, je t'aime, je t'aime, aide moi, je n'ai rien fait, je t'en supplie, c'est pas moi ».

Friedrich comprit la situation et prit Gunter dans ses bras, le couvrit de baisers. « T'inquiètes pas, on va s'en sortir, je vais t'aider ». Friedrich prit le hachoir et termina de découper l'inconnu pendant que Gunter emballait les morceaux dans des sacs à congélation. Dés que le découpage fût terminé, ils mirent l'ensemble des sacs dans une grande valise, sans un mot, et prirent une douche ensemble où ils se lavèrent l'un et l'autre. Ils nettoyèrent l'appartement et attendirent qu'il soit tard dans la nuit pour aller disperser les lambeaux de Maxime dans l'Elbe.

Par Thomas Slut - Publié dans : ceinture2queers
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